Marseille et son patrimoine

Les Forts

 

Le site du fort Saint-Jean aurait été occupé depuis l’Antiquité, mais ce n’est qu’au XIIIe siècle que les Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem (futur ordre de Malte) s’y installent donnant son nom au quartier. Certains vestiges sont encore visibles. La massive tour Carrée est élevée après le sac des Aragonnais (1423) par le Roy René, à l’emplacement de la tour Maubert, pour défendre l’entrée du port. La tour du fanal est édifiée en 1644 et le Chevalier de Clerville construit le fort prévu par Louis XIV dans les grands projets pour Marseille. Il fait creuser un fossé inondable afin d’isoler le fort de la ville. Il sert de garnison, puis de prison pendant la Révolution. Pendant la deuxième guerre mondiale, il est occupé par un dépôt de munitions de l’armée allemande qui explose en 1944 causant de gros dégâts au fort et au Pont Transbordeur. Le fort a été classé Monument Historique en 1964.

 

 

Les Consignes sanitaires

 

Au XVIIIe siècle, le très beau bâtiment de la consigne était le siège de l’Intendance sanitaire de Marseille chargée de la prévention des épidémies et de la mise en quarantaine systématique des bateaux. Elle est inscrite à l’Inventaire Supplémentaire des Monuments Historiques depuis 1949. Un deuxième bâtiment fut construit à l’identique au cours du XIXe siècle. En 1720, malgré ces mesures le bateau le Grand Saint-Antoine propagea la peste dans toute la ville et bientôt dans toute la Provence. 

 

De l’autre côté de la passe, dès 1660 le Chevalier de Clerville construit le fort Saint-Nicolas sur ordre de Louis XIV qui voulait tenir Marseille en respect en cas de rébellion. Auparavant, à cet emplacement se trouvait une tour servant à manoeuvrer la chaîne qui fermait l’entrée du port. Emportée comme trophée après le Sac des Aragonnais, cette chaîne se trouve actuellement dans la cathédrale de Valence, en Espagne. Sous le Second Empire, lors de la construction de la Résidence Impériale (le Pharo), le fort fut coupé en deux afin de créer une voie d’accès détruisant ainsi le symbole de l’autorité royale. Le fort est classé Monument Historique en 1969.

 

Depuis le milieu du XVIIe siècle, à la faveur de la Fronde, Marseille défie et bafoue l’autorité royale. Dès que la paix avec l’Espagne laisse au roi les mains libres, la ville est occupée militairement. Pour entrer dans la ville, Louis XIV en mars 1660 n’hésite pas à faire ouvrir une brèche dans le rempart médiéval dont certaines pierres seront symboliquement réemployées dans la construction de la Citadelle Saint-Nicolas. Louis XIV va donc ordonner la construction d’un fort ainsi que l’agrandissement de la ville et la création d’un nouvel Arsenal. Pour la construction de la citadelle, l’on hésita entre plusieurs sites et l’on choisit finalement une éminence « à l’embouchure du port, derrière l’abbaye Saint-Victor (…) dont l’estendue est assez raisonnable pour y construire un fort assez fort pour y maintenir à jamais l’autorité du Roi … ». Les travaux sont menés à un rythme frénétique par le Chevalier de Clerville ; en 1663, le Haut-Fort (Entrecasteaux) est achevé, et en 1664 pour le Bas-Fort (Ganteaume). Vauban lors d’un passage à Marseille critiquera d’ailleurs la construction qu’il jugera comme étant « la plus mauvaise de l’univers » ! En mai 1790, les Marseillais furieux et rancuniers d’avoir eu à subir cette citadelle avec ses canons pointés vers eux, profitèrent de la Révolution pour commencer à démolir le fort, mais durent stopper le massacre un mois plus tard sur ordre de l’Assemblée Nationale.

 

Le fort occupe un éperon calcaire compris entre le port, l’abbaye Saint-Victor et le Pharo. La construction enserra un moment la chapelle Saint-Nicolas construite au Moyen-Age, puis celle-ci fut détruite. Le fort est composé de deux ensembles étagés dont le plus bas, faisant office de basse cour sur le port est isolé depuis 1862 par le percement du boulevard (aujourd’hui Charles Livon). Le haut-fort est formé de deux enceintes imbriquées dont le plan quadrangulaire s’accroche à l’escarpement. La qualité des maçonneries, grand appareil de calcaire rose de la Couronne, et de leur mise en œuvre (chaînages d’angle à bossages et cordon créant des arabesques de contre-courbes dans les pentes) concourent à créer une impression de puissance sereine, caractéristique du style du Chevalier de Clerville. L’ensemble fait de la citadelle Saint-Nicolas « un fort d’opérette » conçu pour calmer la fougue des Marseillais et asseoir l’autorité d’un monarque, conscient de son manque de popularité auprès d’une ville dont le rattachement à la couronne de France date de moins de deux siècles !

 

 

Les cathédrales

 

 

La Vieille Major 

 

Depuis le Ve siècle plusieurs édifices se succèdent à cet emplacement, mais l’église actuelle date du milieu du XIIe siècle. C’est un très bel exemple d’architecture romane provençale construit en pierre rose des carrières de la Couronne. Le clocher n’est édifié qu’au XIVe siècle. Elle reste cathédrale jusqu’en 1852, mais continue à servir d’église paroissiale jusque dans les années 1950. La construction de la nouvelle cathédrale a amputé de deux travées la Vieille Major mais a permis la mise à jour du baptistère paléochrétien de plan centré, carré à l’extérieur et octogonal à l’intérieur, de dimensions impressionnantes (plus de 25 mètres de côté) et dont le décor était très raffiné. Il a été réenfoui et la nouvelle Major a été construite par dessus. L’édifice a été classé Monument Historique en 1840.

 

 

La Nouvelle Major 

 

Marseille connaît au XIXe siècle un formidable essor social, démographique et économique. Une période de grands travaux va s’ouvrir à Marseille et les plus beaux bâtiments vont y être construits. Louis-Napoléon Bonaparte pose la première pierre de la nouvelle cathédrale le 26 septembre 1852, consacrée le 6 mai 1896, les plans sont de l’architecte Léon Vaudoyer. A sa mort, en 1872, Henry Espérandieu, architecte de Notre-Dame de la Garde et du Palais Longchamp, reprend le chantier jusqu’à sa propre disparition en 1874. C’est enfin Henri Revoil qui achève la nouvelle cathédrale. De style romano-byzantin, elle est en forme de croix latine avec déambulatoire. Sa longueur totale est de 146 mètres, la coupole principale a près de 70 mètres de hauteur et 18 mètres de diamètre. 

 

A remarquer : la façade ornée des statues du Christ, des apôtres, Saint-Pierre et Saint-Paul et des saints de Provence. A l’intérieur : belles statues de Louis Botinelly et Auguste Carli, ciborium en onyx et autels en marbres polychromes de Jules Cantini. Sur le parvis se trouve la statue de Monseigneur de Belsunce, évêque de Marseille pendant la peste de 1720. 

 

C’est le 3 décembre 1995 que Monseigneur de Mazenod (1782-1861) a été canonisé par Jean-Paul II ; son corps repose dans la grande chapelle du déambulatoire de la cathédrale. La Nouvelle Major a été classée Monument Historique en 1906.

 

La cathédrale est le point de départ de la grande procession du 15 août pour Sainte-Marie Majeure dont la statue est promenée dans le quartier du Panier.

 

 

L’église Saint-Laurent 

 

L’église Saint-Laurent est un édifice de style romano-provençal, de dimensions assez modestes, à trois nefs séparées par des pilliers carrés. On ne connaît pas son origine exacte mais au XIIIe siècle elle est mentionnée dans les textes et était enclose dans l’enceinte du Château Babon, détruit par la suite. Paroisse des pêcheurs et des gens de mer, elle est la seule église paroissiale du Moyen-Age conservée à Marseille. Lorsque le fort Saint-Jean fut construit au XVIIe siècle, l’église fut amputée d’une travée et de sa façade orientale. Actuellement encore on pénètre dans l’église par une porte ouverte dans la nef méridionale. Le clocher du XIVe siècle a été modifié au XVIIe siècle. Pendant la Révolution l’église fut pillée et très endommagée mais elle fut sauvée de la démolition en devenant entrepôt jusqu’au Concordat. Jusqu’en 1943, année de la destruction des vieux quartiers, elle fut un haut lieu de la spiritualité à Marseille. Elle est classée Monument Historique depuis 1950.

 

Avec sa récente restauration, l’église en pierre rose des carrières de la Couronne a retrouvé sa beauté initiale et, a enfin été réouverte au culte. Accolée à l’église Saint-Laurent se trouve la chapelle Sainte-Catherine construite par les Pénitents blancs au tout début du XVIIe siècle. Sa voûte à décor de liernes et de tiercerons, d’un gothique tardif, est un cas unique à Marseille. Un mobilier intéressant y est conservé : pietà des Calfats, statue de Marie Etoile de la Mer, tableau du martyr de Saint Laurent.

 

 

Rive Neuve

 

 

La place Thiars

 

Les anciens Arcenaulx de Marseille occupaient un espace compris entre la rue Breteuil, le quai des Belges, le quai de Rive-Neuve et la rue Fort Notre-Dame. L’histoire des Arcenaulx commence sous Charles VIII à la fin du XVe siècle et se termine au milieu du XVIIIe siècle où les derniers galériens sont répartis entre les chiourmes de Brest, la Rochelle et Toulon.

 

En 1494, Charles VIII part pour les guerres d’Italie et fait armer six galères à Marseille, puis en 1512 Louis XII fait construire six nouveaux terceneaux (hangars de construction et réparation navale). Au fil des siècles leur nombre va augmenter. Mais il faudra attendre 1660 la venue de Louis XIV à Marseille pour qu’un Grand Arsenal des Galères soit construit et qu’un nouveau plan d’urbanisme soit projeté pour Marseille. Moins de six ans plus tard, Nicolas Arnoul, homme de confiance de Colbert, entreprenait la modernisation de l’arsenal qui allait devenir un des éléments du remodelage de la ville. Celle-ci allait passer de 65 à 195 hectares et se doter d’une nouvelle enceinte. L’agrandissement de 1666 est la plus importante opération d’urbanisme réalisée en Provence aux temps modernes, et pour la première fois de son histoire, le port se trouve au cœur de la ville. En effet, la ville grecque a été fondée sur la rive nord du port et ce n’est donc qu’au XVIIe siècle que des quartiers résidentiels seront lotis au sud du port. Le Grand Arsenal s’étend à présent jusqu’à la rue Paradis et au bas de la Canebière où les bâtiments de l’administration s’ordonnent autour du Pavillon de l’Horloge, d’autres bâtiments existants, comme l’hôpital des forçats, sont réutilisés et englobés dans le périmètre du nouvel arsenal.

 

Environ 10 000 galériens y vivent dans des conditions de détention déplorables, ils sont enchaînés jour et nuit, meurent de froid l’hiver (notamment en 1710 où le port gela !), suffoquent de chaleur l’été … Néanmoins, certains tiennent boutiques sur le port ou travaillent dans les savonneries de la rue Sainte et de la Place aux Huiles, s’assurant ainsi de maigres revenus. La chiourme a été créée par Charles IX en 1564, elle était constituée à l’origine de turcs, « de nègres » et de prisonniers de droits communs, puis au XVIIe siècle viendront s’y ajouter les protestants. L’Arsenal des Galères est une ville dans la ville où galériens, sous-officiers et officiers cohabitent dans une puanteur extrême masquée parfois par les grandes fêtes données par ces Messieurs du corps des officiers … 

 

La Criée

 

En 1909 est ouverte une Criée aux poissons qui restera en activité jusqu’en 1975 date à laquelle le marché aux poissons est transféré au nord de la ville au port industriel de Saumaty. Le bâtiment est alors entièrement repensé de l’intérieur, mais sa façade conserve son ordonnance originale. Le Théâtre National de Marseille est inauguré en 1981 par le maire de Marseille Gaston Defferre. Dirigée pendant plus de dix ans par Marcel Maréchal, « la Criée » affiche une très belle programmation chaque saison.

 

C’est au n° 32 du quai de Rive Neuve que naquit Vincent Scotto le 21 avril 1874 .

 

Pratiquement en face de l’embarcadère du ferry-boat se trouve le Bar de La Marine qui doit sa renommée à Marcel Pagnol. Il reste le principal décor de la trilogie « Marius, Fanny, César » dont l’action se déroule sur le Vieux-Port dans le Marseille des années 1930

 

 

La Préfecture

 

En octobre 1861, Napoléon III nomme à la tête du département le sénateur Charlemagne-Emile de Maupas, avec ordre de moderniser Marseille. La Préfecture, située depuis le Ier Empire à l’Hôtel Roux de Corse (actuel Lycée Montgrand), est trop exigüe pour une ville de grande importance. Maupas décide de faire construire, en perspective de la rue Saint-Ferréol, un nouvel édifice de 7500m2. En forme de quadrilatère, il s’organise autour de deux cours : une cour d’honneur semi circulaire, et une cour rectangulaire accueillant les écuries. Les plans et devis sont approuvés par le Conseil Général en février 1862.

 

L’architecte du département, Auguste Martin, réalise le gros œuvre jusqu´à sa démisssion en novembre 1864 ; les dépassements de devis, dont Maupas ne se souciait guère, deviennent préoccupants. François-Joseph Nolau, Second Prix de Rome, lui succède jusqu’en 1869 pour achever l’intérieur du monument : décors de peintures et de stucs, mobiliers, bronzes, lustres de cristal, etc. Les dépenses sont colossales.

 

Pour réaliser les décors plafonnants, Nolau choisit avec l’accord de Maupas, l´artiste marseillais Antoine Dominique Magaud, célèbre pour ses portraits et ses peintures religieuses. Le chantier est considérable : quatre salons d’honneur et les appartements du Sénateur. L’ensemble est achevé en 1868, excepté le Salon de l’Horloge terminé en 1872. Le cycle peint, comme les sculptures ornementales glorifient le Second Empire et ses bienfaits. L´escalier d´honneur, comparable par sa majesté aux escaliers du Palais Longchamp, et dont la structure est à deux doubles révolutions, mène d´un côté aux appartements d´honneur, de l´autre vers les salles du Conseil général. 

 

La nouvelle Préfecture est inaugurée fin 1866, mais le 31 décembre, Maupas est révoqué. Son successeur, le préfet Levert, est contraint de payer les dettes tout en poursuivant l’œuvre entreprise. 

 

 

Le Palais du Pharo

 

Le promontoire du Pharo était autrefois appelé la Tête de More. C’était un plateau rocheux sur lequel ne poussaient que des joncs et des herbes marines ; quelques guinguettes y étaient installés. Le nom de Pharo appartenait à l’anse qui fait suite, à l’ouest, à la Tête de More. Le “Farot” était la butte qui séparait cette anse de la pleine mer et sur laquelle se trouvait une vigie, mentionnée au XIVe siècle.

 

La décision de construire une résidence impériale à Marseille revient au Prince-Président Louis-Napoléon qui, lors de son voyage en septembre 1852, aurait souhaité avoir « une habitation qui aurait les pieds dans l’eau ». A la fin de la même année, il chargeait l’architecte Vaucher de trouver un emplacement à la demeure et d’en dresser les plans. Puis c’est l’architecte de Napoléon III, Lefuel, qui fut chargé du projet. De son côté, la Ville décidait de lui offrir les terrains choisis, ceux de la Réserve et du Pharo. Napoléon III accepta cette offre « voulant ainsi donner à la Ville de Marseille un nouveau témoignage de sympathie et resserrer encore les liens qui l’attachent à cette grande et patriotique cité ».

 

Cette résidence fut mal aimée et l’empereur n’y séjourna jamais. Après la mort de Napoléon III, l’impératrice Eugénie, devenue seule propriétaire du Pharo, l’offrit alors généreusement à la ville. Par la suite, le Palais du Pharo fut bouleversé par sa transformation en école de médecine en 1904 ; les volumes ont été déséquilibrés par la surélévation des ailes et la distribution intérieure anéantie.

 

Mais grâce à son exceptionnelle situation et la création d’un Centre de Congrès qui reçoit jusqu’à 60 000 personnes par an, l’ancienne Résidence Impériale est aujourd’hui un ensemble architectural de grande classe, un des plus beaux en Europe, respectueux de la tradition et de la protection du site, avec des espaces intégrés dans le Palais et des salles souterraines gagnées sous le parvis de l’ancien bâtiment. Le site dispose à la fois de salons protocolaires, d’un hall d’exposition de 1200m2, d’un espace de restauration de 500m2 et d’un auditorium de 900 places pouvant accueillir congrès et séminaires grâce à un système modulable très sophistiqué.

 

 

Le Palais de la Bourse

 

La Chambre de Commerce de Marseille, doyenne de France, a été créée en 1599 avec la désignation de quatre députés chargés de défendre les intérêts du commerce, et par conséquent le port. Elle est installée au rez-de-chaussée du Palais Communal puis plus tard de l’Hôtel de Ville.   

 

Devenant de plus en plus puissante, la Chambre de Commerce décide au début du XIXe siècle de se faire construire un bâtiment digne de la puissance commerciale de la ville. En attendant, la Chambre de Commerce siège dans un édifice provisoire sur l’actuelle place Général de Gaulle. Il y eut 24 projets mais c’est celui de l’architecte Pascal Coste qui sera retenu en 1852. Le Palais de la Bourse est inauguré en 1860 lors de la venue de Napoléon III à Marseille.

 

La Chambre de Commerce voulait un palais imposant sans bouleverser les habitudes des négociants qui traitaient leurs affaires en plein air : Coste propose un plan qui permet d’organiser tous les services autour d’une grande salle de bourse prévue pour deux mille cinq cents négociants tandis que les bureaux des courtiers sont situés à l’extérieur, sous des portiques, espaces intermédiaires où chacun peut circuler ou discuter à son gré. Les élévations traduisent les différentes fonctions du bâtiment : sur la façade principale, marquée par l’avant-corps à colonnade d’ordre colossal corinthien, donnent les bureaux des administrateurs, la salle de réception ouverte sur la Canebière, la Place, avec une échappée sur le port, l’ensemble desservi par un escalier monumental en marbre. Les façades latérales sur galeries, plus dépouillées uniquement scandées de pilastres corinthiens, abritent les autres services commerciaux auxquels on accède par des escaliers secondaires.

 

La Chambre de Commerce abrite également le Musée de la Marine qui illustre l’histoire du commerce à Marseille depuis les origines et présente des expositions temporaires ainsi qu’une bibliothèque ouverte au public.

 

En 1912, les quartiers de « derrière la Bourse » sont démolis pour faire place à d’ambitieuses opérations d’urbanisme. Après diverses occupations, de nombreux projets se succèdent pour aboutir en 1977 à la réalisation d’un centre commercial. La mise au jour des vestiges du port et des remparts antiques a donné naissance à un musée consacré à l’histoire de la ville. Le musée d´Histoire de Marseille retrace l´épopée de la ville de ses origines, il y a 2600 ans, à nos  jours. L’évocation de la fondation grecque de Marseille et des premiers siècles de son existence s’articulent autour de la spectaculaire épave d’un navire du IIIe siècle après J.C.  

 

Les installations portuaires conservées datent de la fin du Ier siècle mais succèdent à des aménagements antérieurs de cette partie du plan d’eau surnommée « la corne du port ». Ce complexe portuaire, admis comme le plus ancien conservé de Méditerranée, replace Marseille dans son rôle de grande métropole antique et de première cité de France.

 

Sont visibles également des vestiges de la voie antique, le bassin qui recueillait les eaux douces du Lacydon, les tours des portes de la ville, un mur d’enceinte dit « de Crinas », témoignages antiques classés Monument Historique en 1972.

 

 

L’Espace Mode Méditerranée

 

L´Espace Mode Méditerranée dans lequel est intégré le musée de la Mode de Marseille prend place dans un immeuble haussmannien réhabilité par l’architecte Jean-Michel Wilmotte en 1991. Menant une active politique d’acquisition que de nombreuses donations sont venues enrichir, le musée possède un patrimoine de 4000 costumes et accessoires. Les collections, qui proposent un panorama de la mode depuis 1945, s’articulent autour de deux axes : le suivi de la mode contemporaine et une orientation plus spécifiquement méditerranéenne.     

 

Des expositions sont présentées sur plus de 600 m2 répartis sur deux niveaux. Le musée est aussi à l’origine d’expositions réalisées hors les murs. Une politique éditoriale suivie accompagne ces manifestations et des catalogues d’exposition sont édités régulièrement.

 

Lieu d’information mais aussi espace culturel, le centre de documentation du musée de la Mode ouvert en 1993, est un instrument précieux pour l’étude de la mode dans ses aspects historiques, sociologiques, artistiques et économiques. Il conserve de nombreux documents et plus de 1400 vidéos de défilés. La consultation sur place est gratuite, ouverte sur rendez-vous aux étudiants, aux chercheurs, aux professionnels de la mode ainsi qu’aux classes accompagnées de leur enseignant.

 

 

Le cours Belsunce et le cours Saint-Louis

 

Le carrefour cours Belsunce - cours Saint-Louis est le point zéro de la ville, c’est à partir de là que sont mesurées les distances entre Marseille et les autres villes de France.

 

Au XVIIe siècle, suivant l’exemple d’Aix-en-Provence, Marseille décida d’ouvrir son Cours qui était la promenade favorite des Marseillais. C’est sur le cours, baptisé plus tard Belsunce en souvenir de l’évêque de Marseille qui s’illustra pendant la Grande Peste de 1720, que se que se tient chaque année du 15 juin au 14 juillet, la foire à l’ail et aux tarraïettes (petite vaisselle en terre cuite).

 

En traversant le cours Belsunce, vous apercevez du côté gauche l’arc de Triomphe de la Place d’Aix élevé en 1839 par l’architecte Michel-Robert Penchaud. Lors de l’agrandissement de la ville en 1666, l’ouverture de la Porte Royale (future Porte d’Aix) procura à Marseille une entrée plus large pour le trafic des voyageurs et des marchandises entre la France, Marseille et l’Orient.

 

De l’autre côté se trouve le cours Saint-Louis sur lequel étaient installés les 18 pavillons en fonte des bouquetières ; de 1847 à 1968 leurs étals colorés ont fait le bonheur des passants et les artistes de l’Alcazar ne manquaient jamais d’y acheter une rose porte-bonheur avant d’entrer en scène.

 

Vous apercevez à droite la fontaine Castellane située sur l’axe Porte d’Aix-Obélisque, qui est l’une des plus longues perspectives d’Europe.

 

 

L’Alcazar

 

Au 44 du Cours Belsunce, la nouvelle Bibliothèque Municipale à Vocation Régionale (BMVR) de l’Alcazar a été ouverte au public en mars 2004 à l’emplacement du célèbre « Théâtre de l’Alcazar ». Mais bien avant, en 1636, c’était la maison de « L’Institut des Prêtres du Saint-Sacrement » placée sous le patronage de Saint Hommebon. Les prêtres de la Mission de Provence ne prononçaient aucun vœu et y vivaient en communauté pour le salut des âmes jusqu’à la Révolution Française. Alors les prêtres laissèrent la place à une auberge : « l’auberge neuve » dès le début du XIXe siècle.

 

C’est en 1857 que le café concert ouvre ses portes en plein cœur de Marseille, dont l’activité portuaire est à son apogée. Durant plus d’un siècle l’Alcazar incarne la scène marseillaise, des opérettes des années folles au début du show business des années cinquante-soixante. Des vedettes telles que Fernandel, Tino Rossi, Maurice Chevalier, Yves Montand, Georges Brassens, Johnny Hallyday,…furent à l’affiche.

 

En 1966 le lieu mythique du music-hall ferme ses portes et le 14 novembre 2004, après une année de fouilles et quatre années de travaux, la bibliothèque est inaugurée par le président Jacques Chirac.

 

La conception de la BMVR par les architectes Adrien Fainsilber et Didier Rougeon. est un judicieux mélange de modernisme et de tradition. Le marbre, la tuile et le verre ont été mariés pour tirer le meilleur d’un climat particulier et utiliser l’éclairage naturel voire même l’adapter.

 

La BMVR, qui s’étend sur 18 000 m2, accueille quelques 55 000 inscrits et 10 000 visiteurs par jour. Elle offre 350.000 documents (livres, périodiques, vidéos, CD) en libre accès et quelques 700.000 ouvrages en magasins. L’Alcazar possède des fonds précieux : près de 200 manuscrits médiévaux, une collection de 143 incunables, les archives des Cahiers du Sud… Le public dispose de 1700 places assises et 230 ordinateurs en en libre accès et 200 agents à son service.

 

 

Le Palais Longchamp

 

Le boulevard Longchamp

 

Ce boulevard arboré de platanes a été créé par une association de propriétaires qui après avoir laissé le soin à la ville d’ouvrir le boulevard dans les années 1830 y bâtit des immeubles de rapport et des hôtels particuliers. C’est un succès immédiat, et bientôt se développe un quartier d’une très grande homogénéité architecturale. On retrouve ici le type dit "du 3 fenêtres" dont le plan sera répété à l’infini dans plusieurs quartiers de Marseille. La façade mesure en général 7 mètres de large sur 14 mètres en profondeur. Selon la richesse et le souhait du commanditaire, l’immeuble sera plus ou moins ornementé ; cela se vérifie surtout au-dessus des portes d’entrée et dans les encadrements des fenêtres. Parfois, le module du 3 fenêtres a été doublé et certains immeubles peuvent donc avoir 6 fenêtres mais la date de construction est souvent plus tardive. Outre le type du 3 fenêtres, on note également des hôtels particuliers construits pour une seule et même famille dont le décor est très soigné. A signaler que la plupart de ces immeubles possèdent un jardin, orienté au sud pour ceux qui sont construits du côté pair. On s’aperçoit que la qualité de vie était déjà une des préoccupations des architectes du XIXe siècle.

 

 

Le Palais Longchamp

 

La ville manque d’eau et dès le XVIe siècle on envisage de creuser un canal qui alimenterait Marseille en eau de la Durance. C’est au XIXe siècle que le problème de l’eau va devenir une obsession pour la municipalité, aggravé par une épidémie de choléra durant l’année 1835. Dès 1838 des projets pour le creusement de ce canal sont établis et c’est celui de l’ingénieur des Ponts et Chaussées Franz Mayor de Montricher qui est retenu. Pour creuser ce canal, long de 85 kilomètres, il a fallu ouvrir des souterrains, construire 18 ponts aqueducs, 10 ans de travaux et la ténacité de certains élus dont le maire Consolat ! Dès le début du chantier en 1839, on imagine la construction d’un château d’eau monumental à la gloire de cette eau si précieuse. Après plusieurs projets, c’est celui de l’architecte de Notre-Dame de la Garde, Henry Espérandieu qui sera choisi pour édifier le plus remarquable des édifices construit à Marseille sous le Second Empire.

 

Le monument inauguré en 1869, commémorait l’arrivée des eaux du canal de la Durance à Marseille. Il réunissait sur un même site le musée des Beaux-Arts (actuellement fermé pour travaux), le Muséum d’histoire naturelle, et un parc botanique et zoologique.

 

Le très riche décor du bâtiment évoque l’abondance et la fertilité amenées par les eaux du canal. La sculpture y tient un rôle prépondérant.. Le célèbre sculpteur animalier Antoine Louis Barye a réalisé les lions et les tigres de l’entrée, et la fontaine monumentale au centre de la colonnade est l’œuvre de Jules Cavelier. Elle représente la Durance entourée des figures symbolisant la vigne et le blé sur un char tiré par des taureaux de Camargue. 

 

Le décor intérieur des musées est également remarquable : l’escalier d’honneur du musée des Beaux-Arts, est orné des deux grandes toiles commandées en 1867 à Puvis de Chavannes : Marseille, Colonie grecque et Marseille, Porte de l’orient, et le muséum a préservé avec la salle Provence peinte par Raphaël Ponson, un très bel exemple de muséographie ancienne.

 

Installé dans l’aile gauche du Palais, le musée des Beaux-Arts conserve des peintures, des sculptures et des dessins du XVIe au XIXe siècle. La France et l’Italie sont très bien représentées. Pérugin, Carrache, Lanfranco, le Guerchin, Tiepolo, illustrent bien la peinture italienne du XVIe au XVIIIe siècle. Aux côtés des grands noms du XVIIe siècle français, Philippe de Champaigne, Vouet, Lesueur, l’originalité et le dynamisme du foyer artistique provençal est évoqué par des œuvres de Pinson, Daret, Levieux, Nicolas Mignard. Le musée conserve également un fonds exceptionnel de sculptures, peintures et dessins du grand artiste baroque né à Marseille : Pierre Puget. Avec David, Millet, Corot, Diaz, Courbet, Daumier, les grands courants de la peinture française, du néo-classicisme au réalisme, sont bien représentés. Là encore l’école provençale se distingue par son originalité : dans leurs œuvres, Constantin, Guigou, Loubon, Monticelli proposent leur vision très personnelle de la lumière vive et colorée du midi. Enfin, un bel ensemble de sculpture du XIXe siècle, est dominé par la Méditation, sculpture donnée par Rodin au musée.

 

Dans l’aile droite du palais est installé le Muséum d’histoire naturelle depuis 1869. Créé en 1815 sous l’impulsion du Marquis de Montgrand, maire de Marseille, et du Comte de Villeneuve, préfet des Bouches-du-Rhône, le Muséum regroupe alors des collections de cabinets de curiosités du XVIIIe siècle de la ville et des dons de l’Etat. Sa création s’inscrit dans la dynamique florissante des Muséums en France au XIXe siècle. Il a servi d’appui à la toute nouvelle Faculté des Sciences de Provence fondée en 1856.

 

Si la construction du palais Longchamp a été le reflet de la puissance de Marseille, le Muséum témoigne également de sa vie politique, économique et scientifique. En effet, ont participé à l’enrichissement des collections des négociants, des armateurs, des scientifiques naturalistes locaux au renom international et, également le jardin zoologique qui n’arrivait pas toujours à sauver des animaux « à la mode » alors en transit quelques mois à Marseille avant de partir au Jardin d’acclimatation de Paris. Ses collections lui ont valu d’être classé en première catégorie en 1967 comme neuf autres grands Muséums de France. Depuis, il se trouve sous tutelle du Ministère de l’Education Nationale, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche avec, à sa tête, un conservateur d’Etat. 

 

En près de deux siècles, le Muséum d’histoire naturelle a rassemblé des témoignages inestimables du patrimoine naturel qu’il met à la disposition du public et des scientifiques dans les salles de zoologie, d’ostéologie et de préhistoire ou encore en Salle de Provence. Grâce à ses missions scientifiques, culturelles et éducatives, il développe depuis toujours sa spécificité méditerranéenne aussi bien dans le domaine de la recherche que dans l’enrichissement de ses collections.

 

L’observatoire est le plus ancien établissement scientifique de Marseille. Avant l’aménagement du plateau Longchamp, il était installé aux Accoules dans le vieux Marseille dans le Collège de Sainte-Croix où il avait été créé en 1702 par les Jésuites sur décision royale. L’observatoire est un établissement dépendant du Ministère de l’Education Nationale et du CNRS. C’est aujourd’hui un centre de traitement des données obtenues sur les plus grands télescopes du monde et à partir des grandes expériences spatiales, et un laboratoire de développement instrumental. Les thèmes de recherche principaux sont actuellement orientés vers l’étude des galaxies et le milieu interstellaire. Depuis janvier 2000, l’observatoire s’est élargi en devenant, avec le Laboratoire d’Astronomie Spatiale aux Trois Luc à Marseille et l’observatoire de Haute Provence, l’Observatoire Astronomique Marseille Provence au sein de l’Université de Provence.

 

Outre ses activités de recherche, l’observatoire se veut ouvert au public et aux scolaires et propose régulièrement des activités de diffusion de l’astronomie. L’association « Andromède » organise des expositions, des visites scolaires, l’accueil de groupes (enfants et adultes), des conférences et observations du ciel, des séances de planétarium. D’autre part, l’observatoire abrite une très belle salle d’instruments anciens que le groupe « Patrimoine » présente au grand public et aux scolaires.

 

 

La rue de la République

 

La rue de la République

 

C’est en 1860 que fut décidée l’ouverture de la rue Impériale selon les principes urbanistiques du Second Empire mais également des théories hygiénistes et un souci d’embellissement manifeste. Cette voie rectiligne, créée sur le modèle parisien haussmanien, devait aussi relier le centre historique au nouveau port de la Joliette construit en 1844 et dont l’activité marchande ne cessait d’augmenter.

 

Les plans de la rue furent exécutés à partir de 1862 et deux années furent consacrées aux démolitions et terrassements. 16 000 personnes furent ainsi délogées de près de 1000 maisons et le coût de cette opération immobilière s’éleva à plus de cent millions de francs dont plus d’un tiers en expropriation. La rue Impériale fut inaugurée le 15 août 1864 mais il restait encore à construire les immeubles. Des immeubles de rapport ont été bâtis dans un style éclectique alliant le charme de la Renaissance et la rigueur du néo-classique mais ils n’ont pas plu aux Marseillais malgré des commodités telles que l’eau et le gaz à tous les étages et la commercialisation de la rue a été un échec total. L’aménagement de la place Sadi-Carnot était compris dans ce projet urbain ainsi que la rue Colbert dont le tracé ne fut, hélas, que partiellement réalisé.

 

L’actuelle rue de la République est une artère primordiale à Marseille puisqu’elle relie les quartiers sud aux quartiers nord et se trouve au coeur du projet Euroméditerranée.

 

 

L’église Saint-Cannat 

 

L’église a été inscrite à l’inventaire Supplémentaire des Monuments Historiques en 1926. Le couvent des Dominicains (Frères Prêcheurs) est construit à la fin du XVIe siècle. L’église commencée en 1558, est consacrée en 1619 sous le vocable de l’Annonciation de la Sainte-Vierge. Au milieu du XVIIIe siècle les frères Gérard construisent la grande façade « à la romaine » dont le fronton et l’ordre supérieur sont supprimés en 1926 pour des raisons de sécurité. Lors de l’ouverture de la rue Colbert, le couvent est détruit. L’église devient paroisse en 1803 sous le vocable de Saint-Cannat, ancien évêque de Marseille. Comme dans beaucoup d’églises marseillaise un mobilier précieux y est conservé : le buffet-d’orgue, le Maître-autel en marbre polychrome, 

 

 

Les Docks

 

Ce quartier date du début du XIXe siècle, une époque marquée à Marseille par une forte croissance économique et de grandes réalisations urbanistiques. Le plan d’eau du Vieux-Port arrive alors à saturation, notamment en raison de l’apparition des navires à vapeur. En 1842, un projet d’extension du port vers la Joliette est donc entériné. Les travaux en sont achevés dès 1853.

 

A la jonction des voies de terre et des voies de mer, un nouvel outil portuaire se dessine, avec, entre autre, la fondation de la Compagnie des Docks et Entrepôts. Construits par Gustave Desplaces de 1858 à 1863, ces docks se développent sur plus de 400 mètres avec quatre corps de bâtiments d’entrepôts reliés entre eux et terminés par un magnifique hôtel d’administration (de style Louis XIII). Chaque entrepôt s’organise autour d’une cour centrale avec six étages d’espaces de magasins… Comparables à ceux de Londres dont Desplaces s’est sans doute inspiré, ils constituent la réalisation marseillaise du Second Empire la plus moderne et la plus coûteuse après la Nouvelle Major et la Préfecture.

 

Après une période de quasi abandon, les Docks ont retrouvé leur splendeur grâce à la magistrale réhabilitation de l’architecte Éric Castaldi.

 

 

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Pier Ollivier, peintre depuis plus de 30 ans, s’installe en Provence il y a une vingtaine d’années.
La rencontre avec cette région lui permet de continuer à assouvir sa passion en s’inspirant des couleurs de Provence.

Pier Ollivier puise son inspiration au cœur de la Provence, passionné d’architecture et de décoration, il mêle ainsi les ambiances du sud au grès de ses sensations.

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