Célébrités et Artistes d´Aix-en-Provence

PEINTURE

 

PAUL CEZANNE

Paul Cézanne naît le 19 janvier 1839, à Aix-en-Provence. Son père, Louis Auguste Cézanne, originaire de Saint-Zacharie (Var), descendant de petits artisans (drapiers, ferronniers, etc.) repérés à Marseille depuis la fin du XVIe siècle, possède une chapellerie sur le cours Mirabeau. La famille est relativement aisée et le père crée une banque, le 1er juin 1848, 24, rue des Cordeliers établissement qu´il transfère en 1856 13, rue Boulegon, et à laquelle il donnera le nom de « Banque Cézanne et Cabassol », de son nom propre et de celui de son associé.


Débuts dans la carrière de peintre
Le milieu d´origine de Cézanne est celui de la bonne bourgeoisie provinciale. Son père, propriétaire à Aix-en-Provence d´une prospère fabrique de chapeaux, vivait cependant quelque peu en marge de la société aixoise: il n´était pas marié avec la mère de son fils, une de ses anciennes ouvrières, lorsque ce dernier naquit, en 1839, et ne légalisa sa situation que cinq ans plus tard, avant de s´établir comme banquier.


Cezanne fit toutes ses études à Aix, acquérant une solide culture classique et se liant d´une profonde amitié avec quelques-uns de ses camarades de collège, au premier rang desquels Émile Zola, alors son confident le plus intime.


Son père le destinait au droit, et il s´inscrivit à la faculté d´Aix en 1858. Sa vocation artistique était pourtant déjà suffisamment affirmée (il avait suivi les cours de l´école gratuite de dessin depuis 1857) pour qu´il songe à aller étudier la peinture à Paris.
Il finit par obtenir de son père - qui subvient à ses besoins - l´indispensable autorisation pour un premier séjour parisien au printemps et à l´été de 1861, lors duquel il fréquente l´Académie Suisse, où il rencontre Pissarro et Guillaumin, mais échoue au concours d´entrée à l´Ecole des Beaux arts.


Paul Cézanne fréquente le collège Bourbon (devenu lycée Mignet), où il se lie d´amitié avec Émile Zola. Il entreprend sans enthousiasme des études de droit à l´Université d´Aix. Il suit des cours à l´École de Dessin et aménage un atelier au Jas de Bouffan, résidence que son père a achetée. Il se rend une première fois à Paris en avril 1861, poussé par son ami Zola, mais n´y reste que quelques mois et retourne dans le domaine familial à l´automne, inaugurant ainsi une série d´allers-retours entre la ville-lumière et la Provence.


En 1862, il abandonne la carrière juridique et s´établit à Paris. Il travaille à l´Académie Suisse et y rencontre Camille Pissarro, Pierre-Auguste Renoir, Claude Monet, Alfred Sisley et un autre Aixois, Achille Emperaire, dont il fera plus tard un portrait, resté célèbre. Il est refusé à l´École des Beaux-Arts en raison d´un tempérament jugé par trop excessif.
Il revient à Aix travailler dans la banque paternelle, mais repart un an plus tard pour Paris où il se réinscrit à l´Académie Suisse. C´en est désormais fini des faux départs, des hésitations sinon du découragement devant les difficultés du métier : Cézanne, définitivement, a décidé d´être peintre.


Les années suivantes, où il alterne les séjours parisiens, les retours à Aix et les voyages en Provence, le voient suivre le chemin d´un étudiant indépendant, mais aussi respectueux de l´apprentissage traditionnel. Il travaille sur le modèle à l´Académie Suisse, fréquente le Louvre où il remplit de nombreux carnets de croquis d´après les maîtres et copie plusieurs tableaux.
Il continue à fréquenter Zola, qui le soutient dans ses efforts, intellectuellement, moralement et même financièrement, et fait aussi la connaissance de Bazille, Renoir, Monet, Sisley. Par l´intermédiaire de Zola devenu l´ami de Manet, il rencontrera celui-ci en 1866.


Les toutes premières oeuvres de Cézanne n´ont pas grand chose à voir avec celles de ses amis impressionnistes, dont il ne partage alors que l´ambition, le désir de nouveauté, et la révolte contre les normes académiques.
Il est d´abord séduit par le romantisme de Delacroix, et fait entrer dans ses sujets et ses compositions les obsessions qui l´habitent. La violence dramatique de ses sujets est rendue par des couleurs sombres, comme dans "L´enlèvement" - 1867.
Il peint aussi de nombreux paysages et portraits dans un style réaliste inspiré de Courbet.


Cézanne étant un peintre autodidacte (il ne fera pas l´Ecole des Beaux-arts et l´Académie Suisse ne dispensait pas de cours), sa peinture est alors moins homogène que celle de ses collègues impressionnistes, voire parfois maladroite.
Cézanne, à partir de 1863, propose régulièrement des peintures au jury du Salon Officiel de Paris : elles y seront toujours refusées (à une exception près, un portrait, en 1882), malgré ses efforts et les appuis dont il pouvait disposer.
Ses tableaux dénotent déjà une grande diversité thématique : portraits, scènes historiques ou religieuses, natures mortes, paysages de Provence...

 

La liaison cachée avec Hortense

En 1869, Cézanne rencontre Hortense Fiquet, un modèle qui va devenir sa compagne, mais craignant que son père, un être particulièrement borné et sévère, ne désapprouve cette liaison et remette en cause sa pension, Cézanne la lui cache donc, de même que plus tard la naissance d´un fils, Paul, en 1872, dont l´existence ne sera découverte par son père, fortuitement, qu´en 1878 Alors, il acceptera le mariage de son fils au Jas de Bouffan en avril 1886, quelques mois avant sa mort en octobre de la même année. Paul s´installe à L´Estaque, petit village sur la côte, lorsqu´il n´est pas dans la capitale.

CEZANNE ET PISSARRO A PONTOISE

En 1872, il s´installe à Auvers-sur-Oise, où il peint avec Pissarro, et travaille dans la maison du docteur Gachet. En 1874, les impressionnistes organisent leur première exposition collective dans l´atelier du photographe Nadar et le public réserve un accueil peu encourageant, voire scandalisé, aux toiles de Cézanne qui en présente trois (Une moderne Olympia, La Maison du pendu et Étude, paysage d´Auvers). Il ne présente aucun tableau au cours de la seconde exposition impressionniste, mais montre 16 œuvres en 1877 à la troisième manifestation. Les critiques sont très mitigées et il se détache du groupe impressionniste et rejoint la Provence à partir de 1882, d´abord à L´Estaque, puis à Gardanne en 1885, petit village près d´Aix. Là, il commence son cycle de peintures sur la Montagne Sainte-Victoire, qu´il représente dans près de 80 œuvres (pour moitié à l´aquarelle). Sa situation financière reste précaire, d´autant que son père diminue son soutien.


Cézanne n´avait alors jusque là travaillé qu´en atelier, et il va suivre l´exemple de Pissarro et se consacrer surtout au paysage sur le motif. Leur collaboration sera très intense et bénéfique, Cézanne s´imprégnant de la manière impressionniste et confortant Pissarro dans sa volonté d´une composition spatiale plus construite.


Dans toutes les années qui suivirent, Cézanne entretiendra un dialogue permanent avec Pissarro et Guillaumin, avec lesquels il partage le souci d´une représentation exacte de la nature.
Pissarro obtint la participation de Cézanne à la première exposition impressionniste, en 1874 : ses œuvres y seront très mal reçues, et Cézanne refuse d´envoyer des toiles à la deuxième exposition, en 1876. Il s´y résout pour la troisième exposition, en 1877, où ses tableaux seront à nouveau mal accueillis par le public, qui les juge plutôt lourds et d´une facture grossière. Les critiques s´en prirent avec une violence particulière aux tableaux de Cézanne.


Théodore Duret (1838-1927) écrit à ce sujet : "L´apport des novateurs en peinture ne s´est jamais produit, au XIXe siècle, sans soulever une opposition plus ou moins violente. Si les Impressionnistes étaient aussi maltraités à leur exposition de 1877, c´est qu´ils avaient atteint leur plein développement et qu´ils montraient réellement des œuvres d´un caractère différent de ce que l´on avait déjà vu. Cézanne était de tous celui qui excitait et devait exciter longtemps le plus d´horreur. On peut dire, pour caractériser l´opinion qu´on s´en formait, qu´il faisait l´effet d´un monstre, d´un ogre. Il avait mis du temps à pleinement se développer. A la première exposition de 1874, il envoyait "La Maison du pendu à Auvers", une œuvre déjà puissante, mais qu´il devait dépasser et qu´il dépassait en effet, en intensité de coloris et en originalité de facture avec "le portrait de M. Choquet" et les paysages exposés rue Le Peletier. "


Cézanne, dégoûté et meurtri, cessera toute participation aux expositions impressionnistes. Il va prendre ses distances avec ses amis.

 

Brouille avec Émile Zola

Les dernières années de Cézanne
Dès novembre 1895, Cézanne loue un cabanon aux Carrières de Bibémus afin d´y entreposer son matériel de peinture et ses toiles et où il passe une bonne partie de son temps, voire de ses nuits jusqu´en 1904 En octobre 1906, alors qu´il peint sur le motif, dans le massif de la Sainte-Victoire, un violent orage s´abat. Cézanne fait un malaise. Il est recueilli par des charretiers et déposé dans sa maison de la rue Boulegon, à Aix, où il mourra, le 22, emporté par une pneumonie.


Son œuvre
Parmi ceux des peintres du XIXe siècle rangés sous l’étiquette « impressionnistes », l’œuvre de Cézanne est au de là de l´impressionnisme et donc probablement le plus difficile et celui qui fut et reste encore aujourd´hui le plus mal compris, voire le plus controversé. Ce sont ses amis peintres, notamment Pissarro, Renoir et Degas qui surent, les premiers, déceler ses intentions et reconnaître ses qualités. Pissarro écrivait :
« Pendant que j´étais à admirer le côté curieux, déconcertant de Cézanne que je ressens depuis nombre d´années, arrive Renoir. Mais mon enthousiasme n´est que de la Saint-Jean à côté de celui de Renoir, Degas lui-même qui subit le charme de cette nature de sauvage raffiné, Monet, tous... sommes-nous dans l´erreur ?... je ne le crois pas... Les seuls qui ne subissent pas le charme, sont justement des artistes ou des amateurs qui par leurs erreurs nous montrent bien qu´un sens leur fait défaut. Du reste, ils évoquent tous logiquement des défauts que nous voyons, qui crèvent les yeux, mais le charme... ils ne le voient pas... Comme Renoir me le disait très justement, il y a un je ne sais quoi d´analogue aux choses de Pompei si frustes et si admirables... »


De 1862 à 1870, date ce que Cézanne appelait dans sa verve méridionale, et avec un peu d´exagération, sa « période couillarde », et que les historiens nomment sa période romantique ou sa phase baroque, influencée par les baroques italiens ou espagnoles (Ribera, Zurbaran), les caravagesques des églises aixoises ou les collections du musée Granet, ou encore par Eugène Delacroix, Courbet et Manet. Cézanne s’exprime alors généralement dans une pâte épaisse, avec une palette sombre et des fonds noirs : Pains et œufs (1866), Portrait de Louis-Auguste Cézanne (1866), Tête de vieillard (1866), Antony Vallabrègue (1866), La Madeleine (1868-1869), Achille Emperaire (1868-1869), Une Moderne Olympia (1869-1870), Nature-morte à la bouilloire (1869), Nature-morte à la pendule noire.


Vient ensuite la période « impressionniste », sous l’influence de Pissarro, auprès duquel il s’installe à Auvers-sur-Oise, vers 1872-1873. Il y fréquente Van Gogh, Guillaumin et le docteur Gachet. Dans ses œuvres d’alors, le ton, par touches toujours épaisses mais plus subtiles que dans la période romantique, se substitue au modelé classique : la Maison du pendu (1873), La Route du village à Auvers (1872-73), La maison du docteur Gachet (1873).


Déjà s’annoncent dans cette période impressionniste, d’autres préoccupations qui l’éloigneront des recherches propres aux impressionnistes, sans qu’il renie jamais la leçon de fraîcheur, de vibrations colorées et lumineuses que ceux-ci apportèrent à la peinture de leur époque. Chez lui la modulation de la couleur recherche désormais davantage à exprimer les volumes que les effets atmosphériques et la luminosité. Renoir disait, en parlant du critique d’art Castagnary : « J’enrage à l’idée qu’il n’a pas compris qu’"Une Moderne Olympia" de Cézanne (dans sa version de 1873) était un chef-d’œuvre classique plus près de Giorgione que de Claude Monet et qu’il avait devant les yeux l’exemple parfait d’un peintre déjà sorti de l’impressionnisme. » C’est encore Renoir qui rapporte l’incompréhension d’Emile Zola quand Cézanne lui confiait sa préoccupation de « trouver les volumes » : Zola essayait de lui démontrer la vanité d’une telle recherche. « Tu es doué. Si tu voulais seulement soigner l’expression. Tes personnages n’expriment rien ! » Un jour, Cézanne se fâcha : « Et mes fesses, est-ce qu’elles expriment quelque chose? ».


 « Trouver les volumes », voilà quelle était la véritable obsession de Cézanne, « faire du Poussin sur nature », « quelque chose de solide comme l‘art des musées9 ». On peut sûrement considérer cette recherche du volume comme une anticipation du cubisme de Picasso.


Ce grand dessein, c’est avec une technique qui lui est personnelle que Cézanne veut le réaliser. Cette technique, écrit Léon Gard, peintre et écrivain d´art du XXe siècle, « veut résoudre le problème de la peinture sans recourir au moyen du dessin-ligne, ni à celui du clair obscur. Comme il l’a dit lui-même, il a voulu, par les diaprures, conjuguer les problèmes du dessin et du modelé, rejoignant ainsi le vieux peintre de Le Chef-d´œuvre inconnu de Balzac qui s’écriait : "Le dessin n’existe pas !", voulant dire par là que dans une œuvre de peinture tout doit être exprimé, dessin et valeurs, par la seule modulation de la couleur 10.»


Jon Kear a d´ailleurs fait le rapprochement entre la représentation du nu chez Cézanne et la nouvelle de Balzac en soulignant la ressemblance entre l´attitude de Cézanne et celle du vieux peintre Frenhofer, tandis que le jeune Poussin et Pourbus assistent à ses démêlées avec l´expression totale
Si Cézanne se rapproche d´un des principes fondamentaux de l´impressionnisme, qui consiste à se consacrer totalement sur la vision, il ne veut pas en rester à fixer seulement l´"impression" qui en résulte, mais bien "quelque chose d´aussi solide et durable que l´art des musées".


"Le pont de Maincy" - 1882-85 compte parmi les premiers chefs-d´oeuvre de ce style personnel. Le traitement des couleurs des arbres, un vert profond appliqué légèrement, sans séparation nette entre ses petites particules de couleurs voisines, participe à la vision d´ensemble, quand l´organisation picturale du tableau reste bien marquée.
Cézanne peint ses paysages en Ile-de-France, et dans sa Provence où il sillonne les collines autour de la Montagne Sainte-Victoire.
A côté des portraits, des natures mortes, Cézanne va s´intéresser au nu dans la nature, qu´il appellera "baigneuses".


Cézanne s’engagera toujours plus loin dans cette voie qui s‘achèvera en 1906 sur « le motif », ne cessant de se recommander de la nature : « L’étude réelle et précieuse à entreprendre c’est la diversité du tableau de la nature » ; « j’en reviens toujours à ceci : le peintre doit se consacrer entièrement à l’étude de la nature, et tâcher de produire des tableaux qui soient un enseignement. » Mais il avait conscience du défi qu’il s’imposait à lui-même et le doute l’étreignait souvent : « On n’est ni trop scrupuleux, ni trop sincère, ni trop soumis à la nature; mais on est plus ou moins maître de son modèle et surtout de ses moyens d’expression.». De fait, il se plaint que « les sensations colorées qui donnent la lumière sont chez lui cause d’abstractions qui ne lui permettent pas de couvrir sa toile, ni de poursuivre la délimitation des objets quand les points de contacts sont ténus, délicats ». Par discipline, Cézanne ne « fondait » jamais : d’où l’aspect d’incomplétude que présentent certaines études de la montagne Sainte-Victoire, ou le caractère abrupt, rébarbatif pour le profane de ses personnages, voire informe des Baigneurs ou des Baigneuses pour lesquels s´ajoute le manque de modèles dans l´endroit voulu. « D’un autre côté, les plans tombent les uns sur les autres », avoue-t-il. C’est que la formule cézanienne est d’une ambition démesurée.


Relativement à l´écart du mouvement artistique, Cézanne travaille maintenant de plus en plus souvent et longuement en Provence, à Aix.
Il garde des contacts avec Pissarro auquel il rend visite, et Renoir qui lui rend visite en 1882, puis en 1883 avec Monet.
Le milieu des années 1880 marquera un tournant dans sa vie personnelle. Il rompt avec Zola en 1886, lors de la parution de "L´Œuvre", où il s´était reconnu dans le personnage du peintre avorté Claude Lantier. La même année, la mort de son père le met en possession d´une fortune suffisante pour lui assurer définitivement son indépendance.


Ses peintures ne seront que très rarement montrées au public : en 1889 à l´Exposition universelle, en 1887 et 1890, avec le groupe des XX, à Bruxelles.
« Pratiquement, dit Léon Gard, c’est presque une chimère que de vouloir appliquer à la lettre cette formule, car on se heurte toujours à l’imperfection et à la limite du matériau, avec lequel il faut toujours ruser. Néanmoins, s’il est scabreux de suivre cette grandiose théorie lorsqu’on n’a pas des dons exceptionnels, il est évident qu‘un Cézanne, dont l’œil était capable de peser les tons, les valeurs comme au milligramme, peut créer des chefs-d’œuvre, et même aboutir à des échecs qui restent supérieurs aux réussites de la plupart des autres peintres. »
Dans une interview donnée à Denise Glaser, Salvador Dali dit de Cézanne: « Le peintre le plus mauvais de la France s´appelle Paul Cézanne, c´est le plus maladroit, le plus catastrophique, celui qui a plongé l´art moderne dans la m... qui est en train de nous engloutir...»


Pour Cézanne, la nature morte est un motif comme un autre, équivalent à un corps humain ou à une montagne, mais qui se prête particulièrement bien à des recherches sur l´espace, la géométrie des volumes, le rapport entre couleurs et formes : « quand la couleur, est à sa puissance, la forme est à sa plénitude » disait-il.
Incomprises en leur temps, elles sont ensuite devenues l´un des traits caractéristiques de son génie.
À la mort de Cézanne, certains peintres voulant créer de nouveaux mouvements se réclamèrent de lui. Le cas le plus notoire est celui des Cubistes. Malgré tout ce qu’on a pu dire et écrire, il reste douteux que Cézanne eût reconnu cette paternité. Il n’est plus là pour répondre, mais sa correspondance conserve quelques phrases que l’on peut méditer ; par exemple, celle-ci : « Il faut se méfier de l’esprit littérateur qui fait si souvent le peintre s’écarter de sa vraie voie — l’étude concrète de la nature — pour se perdre trop longtemps dans des spéculations intangibles. ».


 « Paul peut avoir le génie d´un grand peintre, il n´aura jamais le génie de le devenir. » Ainsi Émile Zola annonce-t-il le drame de Paul Cézanne, toujours insatisfait de son travail. L´écrivain va plus loin : Claude Lantier, le personnage central de l´Œuvre, roman paru en 1886, est proche de Cézanne par la physionomie et le caractère. Zola en fait un peintre raté, pourtant chef de la nouvelle école de « Plein air » ; Claude finit par se suicider. D´une certaine façon, le roman peut se lire comme une revanche de la littérature sur la peinture et la description du groupe d´artistes tourne à la caricature. Manet, qui fit scandale au Salon des Refusés en 1863, a pu servir aussi de modèle au romancier. Pourtant, Cézanne a cru se reconnaître dans ce peintre : blessé, il a répondu à Zola une lettre d´une froide politesse qui a mis un terme à leur amitié. Les derniers contacts entre les deux artistes remontent à 1885, après la publication de "L´Œuvre". Cézanne quitte Médan où il avait été reçu par le couple Zola. Ils ne se reverront plus malgré quelques occasions de rencontres à Aix-en-Provence où le peintre s´est retiré. Cézanne n´est plus à l´aise dans le nouveau monde de l´écrivain qui, à partir de 1888, verra son existence compliquée par sa liaison avec Jeanne Rozerot. En 1891, la découverte de cette liaison par sa femme, Alexandrine Zola, et des deux enfants qui en sont nés va tendre l´atmosphère dans le couple qui traversera des périodes difficiles jusqu´en 1896. Zola s´engagera dès lors dans l´Affaire Dreyfus jusqu´à sa mort en 1902. Ces années, très perturbées, ne faciliteront pas le rapprochement des deux amis d´enfance. Il semble que Paul Cézanne en ait souffert si l´on tient compte du chagrin dont il fera preuve à l´annonce de la mort d´Emile Zola et lors de l´inauguration d´une statue à l´image de l´écrivain au début de 1906.


POPULARITE TARDIVE

En 1895, la rétrospective organisée par Ambroise Vollard, jeune marchand d´art de 27 ans, où 150 de ses oeuvres sont exposées, allait marquer un tournant pour Cézanne, jusqu´alors rejeté au Salon et peu apprécié lors des expositions impressionnistes.
Cézanne est alors découvert: par ses anciens amis, qui ignoraient en fait beaucoup de son évolution, mais aussi par de jeunes artistes pour qui il est un point d´ancrage, une référence immédiate.
Petit à petit va naître et croître une reconnaissance, à l´origine surtout le fait de jeunes peintres, comme Émile Bernard ou Maurice Denis, qui voient en lui un maître autant qu´un précurseur, puis aussi de quelques rares critiques perspicaces, Gustave Geffroy, Thadée Natanson, Roger Marx, Rilke.


CEZANNE Le Père de la peinture Moderne
Décrié à ses débuts, et encore assez tard dans sa vie, Cézanne est aujourd´hui une figure capitale de l´histoire de l´art.
Sa participation au mouvement impressionniste, somme toute relativement mineure, compte moins que la place qu´il occupe entre le XIXe et le XXe siècle, entre d´une part le romantisme de Delacroix et le réalisme de Courbet, qui le marquèrent si fortement à ses débuts, et, de l´autre, les mouvements de la peinture contemporaine depuis le cubisme qui, à des degrés divers, se réclamèrent tous plus ou moins de lui.
Cézanne plaçait très haut les fins de l´art, voulant produire des tableaux “qui soient un enseignement”. Aussi ceux-ci sont-ils de plus en plus réfléchis au fur et à mesure qu´il vieillit, mûris dans l´introspection d´un artiste qui, cependant, se donnait comme premier maître la nature: “On n´est ni trop scrupuleux, ni trop sincère, ni trop soumis à la nature; mais on est plus ou moins maître de son modèle, et surtout de ses moyens d´expression”, écrivait-il en 1904.
Cette tension entre la réalité objective et sa transposition esthétique est au cœur de sa démarche.
Ainsi s´explique pourquoi Cézanne a pu être un modèle pour les générations qui l´ont suivi, alors même qu´elles employaient des chemins divers et contradictoires entre eux.

 

Jean-Baptiste van Loo

(Aix-en-Provence, 14 janvier 1684 – id., 19 décembre 1745) est un peintre français d´origine hollandaise né et élevé dans une dynastie de peintres. Auteur de nombreux portraits et plafonds, il voyage dans toute l´Europe, et principalement en Italie et en Angleterre. Il est le frère de Charles André van Loo, dit Carle van Loo, qui est aussi son disciple. Au nombre de ses disciples, on compte Michel-François Dandré-Bardon. Jean-Baptiste van Loo rentre à Aix les dernières années de sa vie.


Biographie
Il passe l´essentiel de sa jeunesse à Toulon où il est initié à la peinture par son père, Louis-Abraham van Loo, fils de Jacob van Loo. Il y étudie les sculptures de Pierre Puget à l´arsenalIl commence à peindre quelques portraits et se marie en 1706 à Marguerite Brun, fils d´un avocat toulonais1. Lors de l´invasion de Toulon par le duc de Savoie en 1707, van Loo émigre vers sa ville natale, où il réalise un somptueux plafond peint au pavillon de Lenfant, intitulé Le Triomphe des dieux et travaille pour plusieurs églises Cette œuvre lui vaut d´être invité, sans doute en présence de son jeune frère Carle à la cour de Monaco où on lui commande plusieurs portraits. Il part en 1712 s´établir à Turin, en Italie, où il fait la connaissance du prince de Carignan, gendre de Victor-Amédée de Savoie, qui va devenir son protecteur, pour qui il peint deux plafonds au château de Rivoli et qui l´envoie à Rome.

Il part à Paris en 1719, mais la banqueroute de Law en 1720 provoque sa ruine financière, l´obligeant à passer une longue période à peindre des portraitsIl est finalement reçu à l´Académie le 23 février 1731 avec Diane et Endymion. Parmi ses nombreux travaux historiques, il participe à la restauration de la galerie François-Ier, à Fontainebleau En 1735, il décide de quitter Paris pour retourner en Provence. Mais, au bout d´un an, ayant appris que son fils, Louis-Michel van Loo est nommé à la place du premier peintre du roi d´Espagne, il retourne à Paris, puis passe plusieurs années à Londres entre 1738 et 1742. Son retour en France est motivé par des raisons de santé. En octobre 1742, après être rentré à Paris, il part pour Aix dans l´espoir d´y retrouver une meilleure santé. Il restera dans sa ville natale jusqu´à sa mort, le 19 décembre 1745, peignant de nombreux portraits. Il installe notamment un atelier au pavillon de Vendôme, dont il est un temps le propriétaire. Il s´éteint dans sa ville natale le 19 décembre 1745. On dit qu´il est mort le pinceau à la main.

 

François Marius Granet

né le 17 décembre 1775 à Aix-en-Provence où il est mort le 21 novembre 1849, est un peintre et dessinateur français de style néoclassique.
Les talents de Granet lui permirent de se faire connaître de son vivant et d´être nommé conservateur de musée, officier de la Légion d´honneur et chevalier de l´ordre de Saint-Michel. Il était par ailleurs membre de l´Institut.


Biographie
Fils d’un maître maçon, il apprend le dessin en recopiant les gravures de la collection de son père, puis en suivant des cours de dessin à l’Académie d’Aix-en-Provence à l´atelier du peintre aixois Jean-Antoine Constantin. En 1796, il s’installe à Paris où, sur la recommandation d´Auguste de Forbin il devient l’élève de Jacques-Louis David et gagne sa vie en faisant des peintures murales. Vivant en compagnie des peintres Girodet-Trioson et Dominique Ingres dans le couvent désaffecté des Capucins, il réalise du cloître des modèles qui resteront sa spécialité.


En 1802, il se rend à Rome où il dessine les monuments anciens et peint des scènes de la vie des artistes. Il se fait connaître aussi pour ses intérieurs d’églises et de couvents, dans un style hollandais très sombre, à l’opposé de sa formation néoclassique. Il reçoit une médaille d´or au salon de 1808 En 1809, il pose pour son ami Dominique Ingres sur le toit de son studio à la Villa Médicis. Plusieurs de ses tableaux ont été reproduits en lithographie au XIXe siècle.


Après son retour en France en 1824, il devient conservateur au Musée du Louvre sur le poste de Charles Paul Landon à la mort de celui-ci en 1826, grâce à l´intervention de son ami Auguste de Forbin, directeur des musées royaux. Il effectue un dernier séjour à Rome en 1829-1830. Louis-Philippe Ier, roi des Français et l´un de ses collectionneurs, fait alors appel à lui pour un poste de conservation au Château de Versailles en 1833, dans la perspective de créer un musée d´histoire à la gloire de la France, musée qui sera inaguré en juin 1837 (galerie des Batailles). Partageant sa vie essentiellement entre Paris et Versailles, Granet, dans cette période, peint d´exceptionnelles aquarelles en marge de sa peinture officielle. Ayant rencontré Nena di Pietro dès 1802 semble-t-il, à Rome, il n´épouse l´amour de sa vie qu´en 1843 lorsqu´elle devient veuve. Après la mort de Nena, survenue en janvier 1847, il effectue un séjour au Château d´Audour, près de Mâcon, chez la fille de son ami Auguste de Forbin, disparu en 1841. C´est là qu´il rédige ses mémoires.


Il se retire à Aix avant la Révolution de 1848. À sa mort en 1849, le contenu de son atelier, ses dessins ainsi que ses collections d’art hollandais et italien du XVIIe siècle sont légués à la ville d’Aix et constituent un fonds essentiel du Musée d´Aix qui existait depuis 1825. Ce musée sera renommé en son honneur Musée Granet en 1949, à l´occasion du centenaire de sa mort.


De son vivant, il avait été reçu chevalier de l´ordre de Saint-Michel et de la Légion d´honneur.

 

LITTERATURE

Louise Colet

née  à Aix-en-Provence le 15 septembre 1810 et morte à Paris le 9 mars 1876, est une poétesse française.
Âgée d’une vingtaine d’années, Louise Révoil épouse Hippolyte Colet, un musicien académique, en partie afin d’échapper à la vie provinciale et de résider à Paris.
À son arrivée à Paris, Louise Colet commence à publier son œuvre et obtient bientôt le prix de l’Académie française d´un montant de deux mille francs, le premier de quatre prix de l’Académie qu’elle obtiendra. Certains critiques affirment aujourd’hui qu’elle a obtenu ces prix, non pour son mérite, mais par l’influence d’amis. Dans son salon littéraire elle a fréquenté nombre de ses contemporains de la communauté littéraire parisienne, tels que Victor Hugo.


En 1840 elle met au monde sa fille Henriette, mais ni son mari ni son amant Victor Cousin n’acceptent d’en reconnaître la paternité. Elle devient ensuite la maîtresse de Gustave Flaubert, d´Alfred de Vigny, d’Alfred de Musset et d’Abel Villemain.
Après la mort de son mari à Paris, le 21 Avril 1851, Louise Colet et sa fille ont subsisté grâce à ses écrits.


Iconographie
Le musée Calvet d´Avignon possède un fonds Louise Colet, dont un médaillon en bronze de Franz Woltreck, un autre médaillon en bronze d’Hippolyte Ferat, réplique de celui de sa tombe au cimetière du Nord-Montmartre, Paris.

 

Paul Alexis

né à Aix-en-Provence (Bouches-du-Rhône) le 16 juin 1847 et mort à Levallois-Perret (Seine) le 28 juillet 1901, est un romancier, auteur dramatique et journaliste français.


Biographie
Après avoir fait des études de droit à Aix-en-Provence, il s´installe en 1869 à Paris où il devient intime de Zola et de sa famille. Il collabore à de nombreux journaux, parmi lesquels L´Avenir national, La Cloche, Le Corsaire, Le Cri du peuple (sous le pseudonyme de Trublot), Gil Blas, Le Journal, La Réforme, Le Récueil, Le Voltaire. Il est l´auteur de romans et de nouvelles dans le style naturaliste, ainsi que de pièces de théâtre, dont certaines écrites en collaboration avec Oscar Méténier.


Avec J.-K. Huysmans, Henry Céard, Guy de Maupassant, Léon Hennique et Émile Zola, il fait partie du « groupe des six » à l´origine des Soirées de Médan parues en 1880. Maupassant écrit :
« Nous nous trouvions réunis, l´été, chez Zola, dans sa propriété de Médan. Pendant les longues digestions des longs repas (car nous sommes tous gourmands et gourmets, et Zola mange à lui seul comme trois romanciers ordinaires), nous causions. Il nous racontait ses futurs romans, ses idées littéraires, ses opinions sur toutes choses. Certains jours on pêchait à la ligne. Hennique alors se distinguait, au grand désespoir de Zola, qui n´attrapait que des savates. Moi, je restais étendu dans la barque la Nana, ou bien je me baignais pendant des heures, tandis que Paul Alexis rôdait avec des idées grivoises, que Huysmans fumait des cigarettes, et que Céard s´embêtait, trouvant stupide la campagne ».


Paul Alexis était fervent admirateur de Flaubert et grand ami de Renoir. Henri Céard l´appelait l´« ombre de Zola ». Cézanne a peint un tableau le représentant en train de faire la lecture à Émile Zola : La lecture de Paul Alexis chez Zola.

Alfred Capus

né à Aix-en-Provence le 25 novembre 1857 et mort à Neuilly-sur-Seine le 1er novembre 1922, est un journaliste, romancier et dramaturge français. Connu également sous les noms de plume de Canalis et Graindorge pour Le Figaro.


Biographie
Fils d´un avocat marseillais, Alfred Capus fit ses études secondaires à Toulon. Ayant échoué au concours de l´École polytechnique, il entra à l´École des Mines mais n´obtint pas son diplôme. Après avoir été un temps dessinateur industriel, il s´orienta vers le journalisme. Un des premiers articles qu´il fit paraître portait la marque de sa formation scientifique, puisqu´il s´agissait d´une nécrologie de Darwin. Mais c´est surtout par ses chroniques légèrement fantaisistes, publiées au Gaulois, dans L´Écho de Paris et dans L´Illustration qu´il se fit connaître. Il écrivit également plusieurs articles pour Le Figaro, sous le pseudonyme de « Graindorge ». À la mort de Gaston Calmette, en 1914, Capus devint rédacteur en chef du Figaro. À ce poste, il rédigea avec le plus grand patriotisme, pendant les quatre années de la Grande Guerre, le « bulletin » quotidien.


Auparavant il s´était lancé, parallèlement au journalisme, dans la littérature, avec une série de romans. Mais c´est au théâtre qu´il donna la pleine mesure de son talent avec des pièces de boulevard mettant en scène les mœurs de la Belle Époque.
Appelé à la présidence de la Société des gens de lettres, commandeur de la Légion d´honneur, Alfred Capus fut élu à l´Académie française le 12 février 1914, par 16 voix, au fauteuil d´Henri Poincaré. Une anecdote veut que l´un de ses interprètes ayant demandé à un guéridon si Capus entrerait un jour à l´Académie française, le guéridon répondit par l´affirmative ; quand on lui demanda alors combien de fois il devrait se présenter, le meuble se mit à battre des coups si répétés qu´il fallut l´arrêter.


Alfred Capus avait en effet subi deux échecs, contre Eugène Brieux au fauteuil de Ludovic Halévy en 1909, et contre Denys Cochin au fauteuil d´Albert Vandal en 1911, mais les « immortels » surent lui rendre hommage : Robert de Flers dit de son répertoire de comédies qu´il était « l´un des orgueils les plus certains et les plus rares de la scène française ». Quant à Édouard Estaunié, qui prononça son éloge en lui succédant, il en parla comme d´un « philosophe bienveillant dont l´ironie fréquemment incisive mais jamais désolante se dissipe en sourire ». Alfred Capus fut reçu le 28 juin 1917 par Maurice Donnay.

 

Folco de Baroncelli-Javon

(1er novembre 1869 à Aix-en-Provence – 15 décembre 1943 à Avignon) était un écrivain et un manadier camarguais.
Le marquis de Baroncelli-Javon, en tenue de gardian, observant son troupeau dans sa manade aux Saintes-Maries-de-la-Mer au début des années 1900.


Biographie
Famille et jeunesse
Folco de Baroncelli-Javon, naît à Aix-en-Provence le 1er novembre 1869, mais sera baptisé à Avignon où demeurent ses parents. Il descend d´une vieille famille florentine installée en Provence depuis le XVe siècle dans un bâtiment au plein centre d´Avignon, le palais de Baroncelli, appelé plus récemment « Palais du Roure ». Celui qui devait devenir gentilhomme-gardian appartient par son père1 à une très vieille famille d’origine toscane et de tradition gibeline, qui possède depuis le début du XVIe siècle siècle le marquisat et le château de Javon, dans le diocèse de Carpentras. Sa famille, quoique aristocratique, parle le provençal, une véritable hérésie à l´époque où cette langue ne peut être que celle du peuple.


Il fait ses études à Nîmes, alors ville taurine et capitale des félibres, où il rencontre Mistral et Roumanille. Dès 1890, il publie en provençal un premier ouvrage, Babali, et dirige avec Mistral le journal de l’aioli


Sa vie camarguaise
Au mas de l´Amarée
En 1895, lou Marquès (le Marquis), comme on l´appellera désormais, se rend en Camargue et monte une manade, la Manado santenco (la Manade saintine), aux Saintes-Maries-de-la-Mer. Il épouse la fille d´un propriétaire de Châteauneuf-du-Pape; de ce mariage, il aura trois filles mais sa femme supporte mal le climat camarguais et leur vie commune est épisodique. Néanmoins, le 30 juillet 1899, il s´installe définitivement aux Saintes sur la petite route du Sauvage, au mas de l´Amarée en locataire du propriétaire d’alors, monsieur Allègre.


En 1905, il fait connaissance de Joe Hamman puis de Buffalo Bill à l´occasion d´une représentation de la troupe américaine à Nîmes. Ayant noué une relation d´amitié avec ce dernier, il propose les services de ses gardians qui participent avec les indiens et les cows-boys aux spectacles de Buffalo Bill. En septembre 1907, les crues noient une partie de sa manade. En mai 1908, sa rencontre à Arles avec Jeanne de Flandreysy, déjà aperçue quatre ans plus tôt à Valence, le marque à jamais. Il tombe amoureux de cette belle mais très indépendante femme, véritable égérie provençale. Si leur relation amoureuse fut brève, leur amitié dura jusqu´à la mort du marquis.


Dès le début du XXe siècle, le Marquis s’attelle avec d’autres à la reconquête de la pure race Camargue, tout comme il participe activement à la codification de la course camarguaise naissante. La sélection draconienne qu´il opère est récompensée par son taureau Prouvenço, historique cocardier qui déchaîne les foules, baptisé ainsi autant pour ses qualités esthétiques que ses aptitudes combatives. Le 16 septembre 1909, il crée la Nacioun gardiano (la « Nation gardiane »), qui a pour objectif de défendre et maintenir les traditions camarguaises.


Mobilisé, il est profondément affecté par les carnages de la guerre de 1914-1918 et, à la suite de propos anti-militaristes qui auraient pu lui valoir le peloton d’exécution, il est interné au fort de Peccais.
A la fin de la Guerre, Jeanne de Flandreysy rachète le palais du Roure, sauvant ainsi le marquis d’une première ruine ; elle l’incite à cette époque à écrire.
En 1924, il demande à Paul Hermann de concevoir et dessiner la croix camarguaise qui symbolise la Nacioun gardiano. La croix originelle est réalisée par Joseph Barbanson, forgeron aux Saintes-Maries-de-la-Mer et inaugurée le 7 juillet 1926 sur un terre-plein de l’ancienne sortie sud-est de la cité camarguaise


Au mas du Simbèu
Toutefois, les problèmes financiers s’accumulent et en 1930, désargenté, il doit quitter le mas de l´Amarée dont il n´est que locataire. Les Saintois se cotisent alors et lui offrent un terrain sur lequel il construit une réplique du mas de l´Amarée, le mas du Simbèu (littéralement « signe », « enseigne », « point de mire », nom donné au vieux taureau, chef du troupeau) 6; le 1er octobre 1931 à minuit, il quitte l’Amarée pour le Simbèu.


Dans les années 30, il dénonce le projet d´assèchement du Vaccarès, se bat pour la création d´une réserve et manifeste pour le maintien des courses camarguaises. Il témoigne aussi en faveur du maire communiste des Saintes-Maries-de-la-Mer, Esprit Pioch, et prend parti dans la guerre d’Espagne pour les Républicains espagnols. Il soutient également les gitans et leur pèlerinage. A sa demande, l’Archevêque d’Aix, Monseigneur Roques, tolère que la statue de Sara, patronne des gitans, soit amenée jusqu’à la mer, ce qui est réalisé, pour la première fois, le 25 mai 1935. Toutefois, ce n’est qu’à partir de 1953 que des prêtres participeront à cette procession.


La fin des années 1930 n´est pas très heureuse pour le marquis. En février 1935, il tombe gravement malade et il est très affecté par le décès de son épouse survenu le 8 août 1936. En 1938, à nouveau gravement malade, il est transporté d’urgence au centre médical de Nîmes. Et à la veille de la guerre en février 1939, c’est la fin de sa manade. En 1940, il proteste auprès de Daladier après des manœuvres de tirs d´avions dans le Vaccarès.


La guerre 1939-1945 lui sera en quelque sorte fatale. Lors de leur arrivée en zone libre en 1942, les Allemands s´installent, dès le 16 novembre 1942, dans son mas du Simbèu, réquisitionné en janvier 1943. Finalement, le 17 février, le Marquis de Baroncelli est expulsé et s’installe dans le village même des Saintes. Affaibli par la maladie et terriblement attristé, il s’éteint à la fin de 1943. Il reçoit l’extrême onction et décède le 15 décembre 1943 peu avant 13 heures à Avignon.

Son tombeau
Son mas Lou Simbèu est détruit à l´explosif en 1944 par les troupes allemandes lorsqu´elles quittent le pays. Il n´aura duré que 13 ans. Le 21 juillet 1951, les cendres du Marquès sont transférées dans un tombeau à l’endroit même où se trouvait le mas du Simbèu. Lors de ce transfert, alors que le convoi funèbre longe les prés, les taureaux de son ancienne manade se regroupent et suivent lentement le cortège, comme accompagnant leur maître une dernière fois. Ainsi, selon sa volonté :
lorsque je serai mort, quand le temps sera venu, amener mon corps dans la terre du Simbèu, ma tête posée au foyer de ma vie, mon corps tourné vers l´église des Saintes, c´est ici que je veux dormir,
le Marquis repose sur les lieux de son dernier mas. On peut se rendre sur sa tombe, qui est d´une grande sobriété.


Son œuvre
Souto la tiaro d´Avignoun - Sous la tiare d´Avignon, Lyon, Société Anonyme de l´Imprimerie Rey, 1935
Recueil de poèmes bilingue français - provençal contenant :
Les deux veuves ; Préface ; La cavale de Grégoire XI ; Le nombre 7 et la Provence ; Le jour de la Saint André (30 novembre) et les Pénitents gris d´Avignon ; Politesse provençale ; La Madone du Château de Bellecôte ; La chèvre d´or ; La chasse au perdreau en Camargue ; Les chevaux camarguais ; Le grand loup ; Bauduc ; La Madone de l´hôtel de Javon ; Valence, cité cavare et provençale

 

Joachim Gasquet

 né en 1873 à Aix-en-Provence et mort en 1921, est un poète et critique d´art provençal.


La peinture
Il est surtout connu pour avoir écrit sur les peintres de son époque, en particulier Paul Cézanne.
Il sera l´initiateur du projet de fresques dans le narthex de l´Ermitage de saint Pancrace, dépendant du château de Pradine (village de Grambois). Trois artistes (Dufrénoy, Girieud et Alfred Lombard) en réaliseront chacun une vers 1912. Gasquet écrira à propos de la "Pietà" de Dufrénoy « tout y est d´une intensité dramatique qui fait songer au Tintoret, d´un pathétique qui s´apparente on ne sait comment, à quelques phrases désespérée d´une symphonie de Beethoven »


En 1921, son livre Cézanne est un témoignage de la vie de cet artiste, sur sa vision du monde, sa puissance créatrice. Joachim Gasquet est tombé sous le charme de l´artiste et de son œuvre, lors d´une exposition à Aix-en-Provence en 1895. Or, son père, Henri Gasquet, est un ami de Cézanne. Cela va lui permettre de suivre l´artiste, de visiter le Louvre en sa compagnie, d´assister à son travail dans son atelier...
Une amitié profonde et durable naîtra entre lui et Cézanne.


Son livre sur Cézanne est un témoignage unique sur le travail de l´artiste, sur la façon dont l´inspiration lui vient. Il est divisé en deux parties. La première partie est intitulée « Ce que je sais ou ai vu de sa vie ». L´auteur y relate la vie de l´artiste depuis sa jeunesse, en passant par ses différents voyages, sa façon de travailler... La seconde partie est intitulée « Ce qu´il m´a dit ». L´auteur y rapporte les conversations (parfois magnifiés ? – le livre étant écrit quinze ans après la mort de Cézanne) tenues entre l´artiste et lui.


Bibliographie
Les bienfaits de la guerre Librairie Payot et Cie - 1917

José de Bérys

voit le jour à Aix-en-Provence mais il grandit à Lyon où il commence à publier des poèmes sous les noms de José Colb ou José Bloch.


À vingt ans, il choisit de monter à Paris pour y faire carrière. Il collabore à Comœdia, Fantasio, L’Humour, Le Journal, Les Lectures, Le Lyon mondain, Madame est servie, La Nouvelle revue, Paris-Soir, Le Radical, Séduction, La Vie parisienne et d´autres revues. Il fonde, avec Pierre Chaine et Robert de Beauplan, La Revue du temps présent. Il est en 1914, avec Louis Payen, le directeur scientifique du Journal d’un parlementaire d´Édouard Millaud et, en 1918, l’adaptateur du Poème à la France de Rudyard Kipling.
Avant et après la Seconde Guerre mondiale, il occupe divers postes de secrétaire général dans plusieurs théâtre où il monte des revues : Théâtre du Grand-Guignol, Bataclan, théâtre des deux ânes, Gaieté Rochechouart à Paris ; Casino des Fleurs à Vichy. Il écrit des romans, des pièces de théâtre et des pièces radiophoniques.


De son mariage avec Méda Palm, il a une fille, Francine Bloch, qui est la quatrième épouse d´Émile Danoën. Il est enterré à Meudon, au cimetière des Longs Réages.
Ses archives ont été confiées à la Bibliothèque historique de la ville de Paris.

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Pier Ollivier, peintre depuis plus de 30 ans, s’installe en Provence il y a une vingtaine d’années.
La rencontre avec cette région lui permet de continuer à assouvir sa passion en s’inspirant des couleurs de Provence.

Pier Ollivier puise son inspiration au cœur de la Provence, passionné d’architecture et de décoration, il mêle ainsi les ambiances du sud au grès de ses sensations.

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