Marseille, Histoire et Provence

Marseille à travers les siècles

 

Sa géographie fait son histoire... 

 

Enserrée dans un corset de collines dont le massif des calanques, la ville étire ses 57 km de façade le long de la Méditerranée. Le soleil est un attrait de son cadre de vie agréable. Marseille est un lieu d’habitat prédestiné depuis 28 000 ans comme en témoignent les peintures pariétales paléolithiques de la Grotte Cosquer.

 

Accueillante, cette terre a su retenir les hommes du néolithique (VIe-Ve millénaire avant J.-C.), des premiers paysans-éleveurs dont la présence a été mise en évidence lors de fouilles près de la Porte d’Aix en 2006-2007.

 

Au fil des siècles, la trame urbaine s’est développée autour du Vieux-Port, plan d’eau lové dans la calanque du Lacydon où des marins grecs venus de Phocée en Asie mineure fondèrent la cité en 600 avant J.-C. Vouée au négoce dès sa création, Massalia élargit son aire commerciale en implantant des comptoirs (Hyères/Olbia, Antibes, Nice). Emporium romain au IIIe siècle avant J.-C., assiégé par Jules César en 49 avant notre ère, son esprit d’indépendance lui permet de maintenir ses prérogatives de ville libre et de développer son commerce en Méditerranée.

 

Au fil des siècles, la ville, à l’origine sur la rive Nord du port, se développe vers le Sud. Au Moyen Age, Marseille se dote de constructions religieuses importantes comme l’abbaye Saint-Victor fondée au Ve siècle ou la cathédrale Notre-Dame de la Major, dite la Vieille Major, dont l’édification de l’ancienne partie date du XIIe siècle.

 

Rattachée au royaume de France depuis 1481 par le Roi René, la ville suscite l’intérêt des monarques français. Afin de la protéger des attaques venant de la mer, François Ier fait édifier une forteresse sur l’île d’If, le Château d’If, rendu célèbre par le roman d’Alexandre Dumas, "Le comte de Monte Cristo". Louis XIV, au XVIIe siècle, ordonne l’extension de la ville vers le Sud et la construction de l’arsenal des Galères. La ville franchit alors la Canebière (artère principale de la ville) et ouvre des rues rectilignes où de beaux hôtels particuliers sont élevés. Il fait construire également deux forts encadrant l’entrée du port : le fort Saint-Nicolas sur la rive Sud et le fort Saint-Jean sur la rive Nord. Emblèmes du pouvoir royal, ils avaient pour fonction de surveiller la ville et les Marseillais. L’Hôtel de Ville symbolise le nouveau statut politique de la ville ordonné par Louis XIV. De cette période date également l’hospice de la Vieille Charité de Pierre Puget.

 

C’est au XIXe siècle que Marseille, puissante grâce à son commerce maritime, prend sa physionomie actuelle. De grands travaux sont menés modifiant durablement l’urbanisme et l’architecture. La ville se dote d’un nouveau port, le port de la Joliette, de nouvelles artères semblables à celles réalisées à Paris comme l’actuelle rue de la République qui fait aujourd’hui l’objet d’un vaste programme de réhabilitation. et de nombreux édifices prestigieux parmi lesquels la basilique Notre-Dame de la Garde, le Palais de la Bourse, le Palais Longchamp, la Préfecture, le Palais des Arts, la cathédrale de la Nouvelle Major…

 

La vie trépidante de la cité se concentre autour de l’activité portuaire et de la Canebière. Sur cette célèbre avenue règne une intense animation grâce aux grands cafés de l’époque où se rencontrent les nombreux négociants et armateurs. On y trouve également de grands hôtels de luxe où séjournent des personnages célèbres, issus du monde politique, économique et artistique. 

 

Marseille est résolument une ville en mouvement qui sait vivre avec son temps. L’époque contemporaine ne rompt pas avec cette tradition. Après la Seconde Guerre mondiale, l’architecte Le Corbusier construit, au Sud de la ville, la Cité radieuse étudiée et admirée par des générations d’architectes. 

 

En ce début de XXIe siècle, la ville se tourne vers son avenir et fait peau neuve. Le projet d’aménagement urbain Euroméditerranée, la plus grande opération d’Etat menée depuis la construction du quartier d’affaires de la Défense à Paris, est au cœur de cette dynamique associant réhabilitation de l’ancien et constructions modernes. De nouveaux quartiers d’habitations et de bureaux sont nés des anciennes friches industrielles. Le monde de la banque et de la finance y côtoie le secteur en pointe du high-tech et de la communication. A cette métamorphose urbaine s’ajoute la mise en place d’un tramway.

 

Le blason

La première représentation conservée des armoiries de Marseille date de la fin du XIIIème siècle (ou début du XIVème siècle). Il s´agit d´une enluminure figurant la prestation de serment du viguier ("maire") dans le Livre rouge de la ville. Aux quatre angles est disposée la "croix d´azur sur fond d´argent", souvenir des croisades, en même temps que reprise de l´emblème porté au revers des monnaies marseillaises.

 

Ce blason va alors se multiplier sur les registres officiels, d´abord sous forme de dessins manuscrits ou peints, puis imprimé à partir du XVIème siècle. La fantaisie des graveurs inventera au fil des siècles toutes sortes d´ornementations suivant le goût de leur époque et la mode (coquilles, feuillages, anges,.). Les affiches municipales sont un bel exemple de cette évolution. Mais on peut aussi retrouver cette image-symbole de la ville sur les monuments (Hôtel de Ville), les objets (clés, cierges, tapisseries,...) et lors des cérémonies où la personnalité morale de la ville doit figurer.

 

Officiellement, l´enregistrement de ces armoiries qui fait suite à l´édit de Colbert, réglementant les blasons, date du 10 Juillet 1699. Leur usage s´est perpétué jusqu´à la Révolution. Le 21 Juin 1790 en effet l´Assemblée Constituante décréta la suppression des armoiries, trop associées à la noblesse et à l´ordre ancien. La croix d´azur disparut donc des papiers publics.

 

Il faut attendre le décret impérial du 17 Mai 1809 pour que les villes puissent à nouveau reprendre des armoiries. Aussitôt le Conseil Municipal de Marseille délibère de reprendre l´ancien écusson et d´obtenir l´autorisation de l´empereur. Cette demande aboutira en 1810, mais le nouveau blason où figuraient outre la croix, des abeilles et un vaisseau gravé par Poize en 1811 n´a pratiquement jamais servi.

 

Après la chute de Napoléon et le retour à la monarchie, Marseille reprend ses anciennes armoiries agrémentées cette fois d´un lion armé d´un caducée et d´un taureau armé d´un trident (lettres patentes de Louis XVIII du 25 Novembre 1815). Le décor des armoiries, surmonté à partir de 1826 d´une couronne murale, paraît se fixer à partir de cette date jusqu´en 1883: une corne d´abondance et un trident avec la devise Massilia civitas (cité de Marseille).

 

C´est ce blason qui sert de sceau aux actes officiels de la municipalité. Pour le papier administratif en revanche, c´est le modèle réalisé en 1883 à la demande du Maire par le conservateur du Cabinet des Monnaies et Médailles Joseph Laugier : les armes y figurent avec le taureau et le lion et la devise de Marseille :

Actibus immensis urbs fulget Massiliensis 

(La Ville de Marseille resplendit par ses hauts faits).

 

(Texte: Les archives municipales - l´Archiviste en chef de la Ville - Isabelle Bonnot)

 

C´est en 1990, à la demande du Conseil de la communication de la ville que le blason a été remodelé par J. Lafaysse. On l´a simplifié pour une meilleure lisibilité, en faisant disparaître les deux figures animales qui l´alourdissaient. La croix bleue est encore présente, mais l´écu qui la reçoit, devenu triangle, a été inversé pour dynamiser l´ensemble. Sa forme pointé vers le haut se veut un rappel de la colline de Notre Dame de la Garde.

 

 

Les Musées à Marseille

 

Marseille compte une vingtaine de musées couvrant toutes les périodes historiques, de l’Antiquité à nos jours, de l’archéologie à la moto en passant par les Beaux-Arts et les traditions marseillaises.

 

Ces musées sont installés dans des lieux patrimoniaux comme à la Vieille Charité, ancien hospice du XVIIe siècle, chef d’œuvre d’architecture de Pierre Puget. Le site rassemble plusieurs collections parmi lesquelles la collection d’antiquités égyptiennes (la 2ème de France en importance derrière celle du musée du Louvre). 

 

C’est aussi le cas du Musée des Beaux-Arts et du Museum d’Histoire Naturelle abrités dans le Palais Longchamp, ou encore le musée de la Faïence installé dans une bastide au milieu du parc Pastré.

 

Marseille dispose également de musées de sites comme le Musée d’Histoire et son Port Antique, et le Musée des Docks à l’emplacement des entrepôts antiques.

 

 

Parcs et Jardins 

 

Marseille bénéficie d’une situation privilégiée dans un environnement naturel exceptionnel : entre mer, collines et Calanques. Les frontières naturelles, la mer à l’Ouest et les collines en couronne ont contribué à l’émergence et à la création de sites et paysages originaux. 

 

La moitié de son territoire est constitué d’espaces naturels avec plus de 400 hectares de parcs et de jardins publics.

 

Ancien comme le Jardin de la Colline Puget, premier jardin public créé à Marseille en 1801, site archéologique comme le jardin du musée d´Histoire, cadre idyllique avec vue sur mer comme le parc Valmer, écrin de verdure pour un moment comme le parc Longchamp ou ouverture sur les espaces naturels qui encadrent la ville comme le parc Pastré, les parcs et jardins de Marseille sont à l’image de la ville d’une grande diversité.

 

 

Marseille, ville d´art

 

Ville d’art et de culture, Marseille a plus d’une merveille à vous faire partager. Avec ses 26 siècles d’existence, elle conjugue tradition et modernité. 

 

La cité reste profondément marquée par son passé et exhume sans cesse les vestiges de toutes les cités qui se sont superposées au fil des siècles. Elle est un véritable parcours qui conduit le visiteur depuis ses origines grecques et romaines jusqu’à la modernité de notre siècle et les grandes réalisations architecturales du XXIe siècle, en passant par les fondations religieuses médiévales, les fortifications du XVIe siècle, les riches demeures des XVIIe et XVIIIe siècles et les nombreux édifices prestigieux construits au XIXe siècle.

 

 

Notre-Dame de la Garde

 

Notre dame de la garde « La Bonne Mère », figure emblématique de la Ville elle veille sur les marins, les pêcheurs et tous les marseillais. 

 

Lors de votre séjour à Marseille, plusieurs jours ou simplement un week end, allez lui rendre visite et admirez du haut de la colline, le panorama qui s’offre à vous.  

 

Un point de vue unique sur la ville, le Vieux-Port, le quartier du Panier, les îles du Frioul et d’If, le Nord de Marseille, les quartiers de la plage et les collines qui encerclent Marseille.

 

La colline de la Garde (154 m) a toujours été un poste d´observation. On dit traditionnellement que la vigie existe depuis les temps préhistoriques et plus sûrement depuis l´époque romaine. Au XVe siècle une ordonnance de Charles II d´Anjou inscrit la colline de la Garde dans la liste des relais. Ce système de vigie va s´améliorer au fil des siècles et la fonction perdurera sur la colline jusqu´en 1978. Pour protéger Marseille des armées de Charles Quint par le Connétable de Bourbon, François Ier fait construire un fort en 1524 au sommet de la colline, qui constitue avec le château d´If à l´entrée du port, une défense maritime dont la ville était dépourvue. De nos jours, on peut encore constater la présence du fort servant d´assise à la basilique actuelle et retrouver au-dessus du porche nord la signature du Roi : une Salamandre.

 

Mais la colline de la Garde prend toute sa signification : signal sacré, signal urbain, dans la construction de la basilique en 1853. Désormais la silhouette de l´édifice devient indissociable de l´image de Marseille. Cependant plusieurs églises ont précédé sa construction. La première en 1214, quand un ermite, maître Pierre, reçoit l´autorisation de construire sur ce terrain appartenant à l ´Abbaye Saint-Victor. A partir du XVIe siècle l´église se transforme peu à peu en un centre de dévotion des marins. De cette époque datent les premiers ex-votos qu ´ils viennent y déposer. Ainsi la colline de la Garde a-t-elle dès lors une triple vocation: un poste de vigie, un ouvrage militaire, un lieu de culte et de pèlerinage. 

 

Au milieu du XIXe siècle, le sanctuaire s´avère trop petit pour les nombreux pèlerins qui le visitent Monseigneur de Mazenod décide d´y construire une grande basilique Notre-Dame de la Garde. La première pierre est posée le 11 septembre 1853, les travaux sont confiés à l´architecte Espérandieu et la consécration a lieu le 5 juin 1864.

 

De style romano-byzantin : coupoles, polychromie des pierres, ors, mosaïques, la basilique répond parfaitement au programme des grandes constructions entreprises à Marseille sous Napoléon III. L´édifice se compose de deux parties ; une église basse, crypte, voûtée qui abrite notamment un crucifix polychrome datant de l´église du XVIe siècle, une « mater dolorosa » marbre de Carpeaux ; une église haute, le sanctuaire, consacrée à la Vierge (fête et pèlerinage le 15 août) où abondent les mosaïques à fond d´or et les marbres polychromes lui donnant l´aspect d´un reliquaire. A signaler : les portes de bronze et le maître-autel dessinés par Revoil, co-architecte de la basilique, une vierge en argent de Chanuel, une Annonciation bas-relief en faïence polychrome, oeuvre florentine du XVIe siècle. La présence de nombreux ex-votos exposés sur les murs, suspendus entre les piles de la nef, constitue une véritable collection d´Art Naïf, chronique attachante de la société marseillaise, témoins éloquents de la foi populaire, dédiés à celle que les marseillais de toutes confessions désignent comme « la bonne mère ». Le campanile supporte une statue monumentale de la Vierge ; elle fut confiée au sculpteur Lequesne, exécutée en bronze doré à la feuille d´or par les ateliers Christofle à Paris, et mise en place en septembre 1870. Depuis l´esplanade, devant le sanctuaire, on découvre la vue la plus impressionnante de Marseille et de son site.

 

Entre 2001 et 2009, les parties extérieures et le décor intérieur de mosaïques et de marbres de la basilique, ainsi que la crypte, ont été restaurés. 

 

 

La Canebière

 

La Canebière est ouverte en 1666 lors de l’agrandissement de la ville ordonné par Louis XIV. Son nom vient du provençal «Canebe», chanvre, qui perpétue le souvenir des cordiers installés ici depuis le Moyen-Age. Mais ce n’est qu’avec le départ du Grand Arsenal à la fin du XVIIIe siècle que la Canebière est prolongée jusqu’au port et que de beaux immeubles y sont construits.     

 

Le Second Empire et l’expansion coloniale bouleversent la ville : de grandes percées sont ouvertes, de riches bâtiments sont construits, un nouveau port est créé. La Canebière connaîtra ses heures de gloire sous la Troisième République grâce à l’intense activité intellectuelle et commerçante régnant dans les cafés, grands hôtels et grands magasins.

 

La Canebière acquiert une réputation internationale et devient très vite un lieu-symbole de Marseille et de son port. Ce n’est, officellement, qu’en 1928 que la Canebière s’étendra du Vieux-Port jusqu’à l’église des Réformés englobant ainsi la rue Noailles et les allées de Meilhan. Certains immeubles sont classés Monument Historique.

 

Un des premiers grands cafés installés sur la Canebière, le café turc (à l´emplacement actuel de l´Office du Tourisme et des Congrès) est dès 1850, le passage obligé des voyageurs pour l’Orient. Un salon à l’orientale ouvrait sur la rue Prince de Beauvau. Au centre de la salle principale donnant sur la Canebière, trônait une fontaine monumentale surmontée d’une horloge à quatre cadrans. Symbole de l’ouverture de Marseille sur le monde, elle marquait à la fois l’heure turque, chinoise, arabe et européenne. Son décor fastueux et son ambiance ont été souvent évoqués dans la littérature. Le café turc disparut au lendemain de la Première Guerre Mondiale.

 

La rue Beauvau fut ouverte en 1785 sur les terrains de l’Arsenal des Galères, elle porte le nom d’un gouverneur de Provence. Elle fut l’une des premières rues de Marseille équipées de trottoirs. A noter au numéro 4 l’Hôtel Beauvau qui hébergea Lamartine en 1832 ainsi que George Sand et Frédéric Chopin en 1835.

 

 

L’Opéra

 

Les Marseillais ont toujours été des amateurs de théâtre et d’opéra. Plusieurs salles de spectacle furent d’ailleurs construites en divers points de la ville pour répondre à cet engouement local. Mais il faudra attendre la vente des terrains de l’Arsenal des Galères en 1781 pour permettre la construction du Grand Théâtre (une des clauses de l’acte de vente stipulait l’obligation de construire un opéra selon le principe de la concession à perpétuité). L’ensemble des terrains est cédé par le Ministère de la Marine à la ville qui les revend trois ans plus tard à une Compagnie dirigée par le génois Rapalli. Il procède à la construction d’immeubles qui vont donner lieu à d’extraordinaires flambées de prix. Tout le quartier va dès lors s’organiser autour de cette vaste parcelle et les rues seront dédiées au théâtre et à la musique (Corneille, Molière, Lully …) ainsi qu’aux grands représentants de la Royauté en Provence.

 

Le Grand Théâtre, inauguré en 1787, était l’oeuvre de l’architecte Benard. De style néo-classique, il l’avait conçu comme un temple de la musique et de la danse. En 1919, un incendie détruisit entièrement la salle et la scène ; seuls furent conservés les murs maîtres, la colonnade ionique et la façade principale en pierre de taille. L’architecte Gaston Castel associé à Raymond Ebrard fût désigné pour reconstruire l’opéra de 1921 à 1924 dans un style Art Déco. L’idée de Castel fût d’ouvrir ce chantier à une pléiade de créateurs et de techniciens qui vont intervenir dans tous les domaines : peinture, sculpture, mosaïque, ferronnerie.

 

Sur la façade, on peut voir les quatre allégoriques de Sartorio ainsi que la phrase inscrite sur la corniche supérieure : « L’Art reçoit la Beauté d’Aphrodite, le rythme d’Apollon, l’équilibre de Pallas, et doit à Dionysos le mouvement et la vie ». Dans la salle surmontant le cadre de la scène « la naissance de la beauté » réalisée par Antoine Bourdelle, en stuc rouge sur fond or ; dans le grand foyer, deux superbes vases spécialement conçus pour ce vaste espace par la manufacture de Sèvres et le décor plafonnant de Carrera illustrant dans des tons acidulés le mythe d’Orphée et d’Eurydice.

 

L’originalité du bâtiment est d’avoir réussi à mêler le style néo-classique du XVIIIe siècle et le style Art Déco du XXe siècle.

 

 

Les grands hôtels

 

Une des plus belles réalisations est sans aucun doute l’ancien Hôtel du Louvre et de la Paix de l’architecte Pot occupé aujourd’hui par le magasin C&A. La façade offre aux visiteurs une entrée monumentale encadrée par quatre opulentes cariatides représentant les quatre continents (l’Europe, l’Asie, l’Amérique et l’Afrique). Cet hôtel était classé parmi les hôtels de première classe et avait 250 chambres, 20 salons et 2 salles de restaurants. Il fonctionne jusqu’en 1941 où il est réquisitionné et acheté par la Marine Nationale, puis occupé par la Kriegsmarine. Après la guerre et jusqu’en 1977 la Marine revient, installe ses bureaux, utilise les salles de réception pour les manifestations officielles, le mess des officiers… Le décor est alors tel qu’il était sous le Second Empire. En 1980, après 3 ans d’abandon et de dégradations, le bâtiment est vendu ; les architectes ne garderont que les façades, l’escalier et deux salons classés Monuments Historiques et en 1984 le magasin C&A ouvre ses portes. À l’intérieur, à gauche l’escalier est toujours visible et au fond du magasin des portes banales dissimulent ces deux magnifiques salons, témoins de l’époque fastueuse du Grand Hôtel du Louvre et de la Paix. C’est dans cet hôtel qu’en 1896, eut lieu la première représentation cinématographique des frères Lumière à Marseille "Entrée en gare de La Ciotat".

 

L’Hôtel Noailles fut édifié par l’architecte Bérengier en 1865. C’est un très beau bâtiment, beaucoup plus sobre dans son architecture que le Louvre et Paix, avec un avant-corps central surmonté d’un fronton triangulaire. La façade est rythmée par l’alternance de frontons triangulaires et curvilignes. C’était autrefois un hôtel très luxueux et jusqu’en 1979 les grands de ce monde, qu’ils soient artistes ou hommes politiques, "descendaient" au Noailles.

 

Tous les hôtels de la rue Noailles étaient d’ailleurs si réputés qu’une rubrique quotidienne leur était consacrée dans le journal. Aujourd’hui transformé en commissariat, le Noailles reste néanmoins une adresse prestigieuse.

 

 

Les allées de Meilhan

 

L’agrandissement de 1666 prévoyait la création d’une promenade publique au-delà des remparts. Les travaux ne furent achevés qu’en 1775 grâce à l’intendant de Provence, Sénac de Meilhan. Ces allées étaient alors réputées pour leurs guinguettes où les jeunes gens venaient s’amuser et danser. Le style des immeubles est très différent de celui de la Canebière et de la rue Noailles et ils datent pour la plupart de la fin du XVIIIe siècle. On retrouve d’ailleurs le type du "3 fenêtres marseillais" que l’on rencontrera plus loin sur le boulevard Longchamp.

 

C’est sur cette partie de La Canebière que se tient la foire aux santons. Elle est l’une des traditions les plus vivantes et les plus populaires de Marseille. Les origines de la foire aux santons remontent au lendemain de la Révolution et en font la plus vieille foire aux santons de Provence. La foire aux santons de Marseille est ouverte chaque année du dernier dimanche de novembre au 31 décembre. Son inauguration s’effectue, au son des tambourins et en présence d’une foule joyeuse, à l’issue de la messe des santonniers célébrée en provençal, en l’église Saint-Vincent de Paul les Réformés.

 

 

Le kiosque à musique

 

Le kiosque à musique en métal remplace depuis 1911 un kiosque en bois plus ancien. Une fontaine Wallace, que l’on retrouvera dans le parc Longchamp, a été mise en place ici dans les années 1930.

 

 

Le Monument aux Mobiles 

 

Il a été érigé ici en 1894 en souvenir des soldats marseillais morts pendant la guerre de 1870. On reconnaît la France Armée avec à ses pieds les vaillants soldats. Le Monument aux Mobiles est le point de départ des manifestations qui descendent la Canebière vers le Vieux-Port, puis souvent se dirigent vers l’Hôtel de Ville ou vers la préfecture selon la nature des doléances ! Mais c’est aussi là que se forment les défilés, que ce soit pour le 14 juillet ou pour le carnaval quand les héros du jour pavoisent fièrement sur La Canebière, applaudis par la foule toujours prête à faire la fête !

 

 

Les Réformés

 

Au XIVe siècle, les ermites de Saint Augustin s’installent à l’emplacement de l’église Saint-Ferréol les Augustins, située sur le Vieux-Port. Au XVIe siècle, une réforme de leur culte s’organise ; les Augustins Déchaux bâtissent un autre couvent au-delà de la Canebière. Sous la Révolution, les moines sont dispersés. En 1803, une nouvelle paroisse est créée dans ce quartier dont la population augmente. Un prêtre de la Mission, congrégation fondée en 1625 par Saint-Vincent de Paul en devient le premier curé. La construction de la nouvelle église d’inspiration néo-gothique se fera selon les plans de l’architecte Reybaud. L’église est consacrée en 1888. En 1989, l’ASPRA est créée pour la sauvegarde de l’édifice. En 1998, un carillon de quatre cloches est enfin placé dans l’une des deux flèches. Leur hauteur, 69 mètres au-dessus du sol de la crypte donne une idée des dimensions imposantes de l’église.

 

À l’intérieur, les vitraux réalisés par Didron évoquent les principales scènes de la bible et les saints de Provence. Les fonts baptismaux, le maître autel en marbre, lapis-lazuli, onyx, bronze doré orné d’émaux, la chaire en bois sculpté, l’autel en marbre réalisé en 1999 avec l’ancienne table de communion, le Christ du Saint Suaire du sculpteur marseillais Botinelly.

 

 

Le Vieux-Port

Avec ses 2600 ans d’existence, Marseille est la doyenne des villes françaises. En effet, c’est en 600 avant J.-C. que des Grecs venus de Phocée (actuellement en Turquie) ont débarqué dans la calanque du Lacydon habitée par un peuple celto-ligure. La légende raconte que Massalia est née d’une histoire d’amour, celle de Protis le grec et de Gyptis la fille du chef ligure. Dédaignant princes et héritiers elle choisit comme époux le bel aventurier. 

 

Le choix de ce site n’est pas innocent ; la rive nord sur laquelle fut établie la cité était protégée par trois collines (Saint-Laurent, les Moulins et les Carmes) et bénéficiait en outre de l’eau pure de la source du Lacydon. De plus, les îles de Pomègues et Ratonneau constituent une barrière défensive naturelle non négligeable. Durant tout l’Antiquité et le Moyen Age la ville grecque de Massalia, la ville romaine de Massilia et la ville médiévale de Masiho se développa sur cette rive nord jusqu’à ce que Louis XIV en 1666 ordonne son agrandissement vers le sud. L’entrée du port allait désormais être gardée par deux forts, le fort Saint-Nicolas au Sud et le fort Saint-Jean au Nord.

 

Une des silhouettes symboles du Vieux-Port a été aussi le Pont transbordeur, ouvrage métallique commandé aux Ateliers Arnodin en 1903 et inauguré deux ans plus tard entre les forts Saint-Nicolas et Saint-Jean. Un des pylônes ayant été ébranlé en 1944 lors d’une explosion, le pont a été complètement détruit après la guerre. Cher au coeur des marseillais, le Pont Transbordeur a été immortalisée par la peinture, la photographie mais aussi par le cinéma.

 

 

Le Ferry-boat

 

C’est au départ de l’Hôtel de Ville, que le Ferry-boat, bateau cher à Marcel Pagnol, effectue plusieurs fois par jour la traversée du Vieux-Port . Il est entré en service en juin 1880, inaugurant ainsi le célèbre trajet « mairie-place aux Huiles ». Aujourd´hui, il fait l´objet d´une restauration. Une navette assure les trajets durant cette période. 

 

 

L’église Saint-Ferréol

 

A l’emplacement de l’église actuelle s’élevait, au XIIe siècle, la commanderie des Templiers. Après la suppression de l’Ordre du Temple et la dispersion de ses membres, les religieux augustins achetèrent en 1369 les bâtiments. Ils entreprennent la construction de l’église gothique, consacrée en 1542, mais complètement achevée en 1588. Le clocher, très italien, date du XVIIIe siècle. Pendant la Révolution, le couvent est vendu par lots et seule subsiste l’église. Elle est érigée en paroisse en 1803 sous le vocable de Saint-Ferréol en souvenir de la collégiale du même nom détruite en 1794 (à la place de l’actuelle préfecture, place Félix Baret). A l’origine l’édifice comportait 5 travées et 12 chapelles latérales, mais des travaux d’urbanisme devaient détruire en 1804 deux travées, ce qui déséquilibre l’harmonie du bâtiment. Après le percement de la rue Impériale (actuelle rue de la République), le cimentier Désiré Michel réalise la nouvelle façade néo-baroque.

 

A l’intérieur sont conservées de belles oeuvres telles que la chaire classée Monument Historique, le maître-autel en marbre polychrome, le buste reliquaire de Saint-Ferréol et les tableaux du peintre provençal Michel Serre. L’église a longtemps conservé l’ossuaire de Saint-Louis d’Anjou dérobé par les Aragonnais lors du sac de la ville en 1423 et rendu enfin à Marseille en 1956 !

 

 

Le Vieux Marseille et Le Panier

 

Derrière l´Hôtel de Ville se développe le coeur historique de la Ville appelé "Le Panier". L´origine du nom viendrait de l´enseigne d´une auberge "Le Logis du Panier", installée au XVIIe siècle.

 

La Maison Diamantée 

Après avoir été édifiée par de riches commanditaires d’origine espagnole et italienne, la Maison Diamantée sera habitée par de grandes familles marseillaises, puis sera morcelée à la Révolution. Parfait exemple du maniérisme en Provence, la Maison Diamantée est exceptionnelle par le décor de bossage en pointe de diamants de sa façade et les décorations de son escalier à caissons, unique à Marseille. Classée Monument Historique en 1925, elle est sauvée des destructions de 1943, et a abrité le Musée du Vieux Marseille de 1967 à 2009.

 

Le Pavillon Daviel

Le Palais de Justice de Marseille a été édifié au milieu du XVIIIe siècle par les frères Gérard, architectes marseillais, sur l’emplacement d’une ancienne Maison de Justice du XVIe siècle. Le bâtiment est construit en pierre rose des carrières de la Couronne et présente une façade relativement étroite mais merveilleusement harmonieuse qui emprunte « l’ordonnance simple et heureuse des maisons provençales du XVIIIe siècle ». L’avant-corps, en faible saillie, est couronné d’un fronton allégorique, l’étage noble est orné d’un splendide balcon en ferronnerie constituée de panneaux dits « à la marguerite » typiques de l’art des artisans marseillais du XVIIIe siècle. C’est depuis ce balcon qu’étaient rendues les sentences révolutionnaires, en contrebas, la guillotine était dressée sur la place. Le bâtiment est actuellement occupé par l´annexe de l’Hôtel de Ville.

La Grand’Rue marque le tracé de la principale voie antique qui est encore visible dans le Port Antique et que l’on peut suivre jusqu’à la Place de Lenche, ancienne agora. Le niveau de la voie grecque se situe à 3 mètres en dessous du niveau de la rue actuelle. Au VIe siècle avant J.C elle était déjà très animée puisqu’elle desservait les principaux édifices publics et accueillait des marchés et des activités commerciales et artisanales. Il est d’ailleurs amusant de noter que sa fonction a finalement peu changé en 26 siècles ! Différentes rues portant le nom de corporations partaient de la Grand’rue en direction du Port, lieu de toutes les activités économiques de la ville.

 

 

L’Hôtel de Cabre

A l’angle de la rue Bonneterie et de la Grand’rue se trouve l’Hôtel de Cabre. Cet hôtel particulier construit en 1535 dans un curieux mélange de styles gothique et Renaissance pour Louis Cabre, négociant et consul, est l’une des maisons les plus anciennes de Marseille. Lors de la destruction des vieux quartiers en 1943, elle a été épargnée mais pour des raisons d’urbanisme, elle fut déplacée d’un seul bloc sur vérins et tournée à 90° pour être dans l’alignement des rues actuelles. Les façades sont classées Monument Historique depuis 1941. 

 

 

L’Hôtel Dieu 

L’hôpital du Saint-Esprit, créé au XIIe siècle, a été agrandi au cours des siècles et regroupé avec l’hôpital Saint-Jacques de Galice au XVIe siècle. Il devient Hôtel Dieu un siècle plus tard. Sa reconstruction est alors entreprise par un neveu du célèbre architecte Hardouin-Mansart, son vaste projet ne fut que partiellement réalisé et c’est sous le Second Empire que l’Hôtel Dieu adopte sa physionomie actuelle. En effet, comme dans tous les édifices hospitaliers du XVIIIe siècle, le bâtiment était fermé sur 4 côtés et partagé en deux cours principales, une pour les femmes et une pour les hommes. L’architecte Blanchet décida d’ouvrir l’hôpital au sud et termina les deux ailes par des pavillons. Les trois étages sont ouverts par des galeries de circulation, typiques aussi de l’architecture hospitalière. Les escaliers sont l’oeuvre de Joseph-Esprit Brun et là aussi comme à l’Hôtel de Ville la stéréotomie des voûtes est remarquable et les rampes en fer forgé sont un bel exemple de la ferronnerie marseillaise du XVIIIe siècle. L’Hôtel Dieu est inscrit à l’Inventaire Supplémentaire des Monuments Historiques depuis 1963.

 

Depuis l’Antiquité, Marseille a toujours occupé une place importante dans la pratique médicale et la recherche scientifique et aujourd’hui encore la médecine est un des secteurs de pointe de la ville.

 

Sur la terrasse de l’Hôtel Dieu se trouve un buste en bronze représentant Jacques Daviel. Il était oculiste et s’illustra à Marseille pendant la peste de 1720. En 1745 il réalisa pour la première fois, à l’Hôtel Dieu, l’opération de la cataracte par extraction du cristallin. Trois ans plus tard, il était nommé oculiste du roi Louis XV.

 

 

L’Eglise des Accoules

Depuis le XIe siècle s’élève ici une petite église paroissiale dédiée à Notre-Dame des Accoules ; l’origine de ce nom est encore incertaine et viendrait soit des petites ancres déposées en guide d’ex-voto, soit des arceaux soutenant l’édifice. L’église fut reconstruite au XIIIe siècle ainsi que le clocher de la Tour Sauveterre qui sonnait le tocsin et convoquait le Conseil de Ville. L’ensemble fut rasé en 1794 et l’église fut rebâtie sur plan centré peu avant la Monarchie de Juillet. Sur l’emplacement de l’église primitive a été édifié un golgotha en pierre « en expiation de tous les crimes commis pendant la Révolution ». C’est également au cours du XIXe siècle qu’a été remaniée la flèche du clocher, inscrite à l’Inventaire Supplémentaire des Monuments Historiques en 1964.

 

 

Le Préau des Accoules

Au début du XVIIe siècle, les Jésuites créent l’église de Sainte-Croix et un grand collège où la jeunesse marseillaise qui se destine au négoce est formée aux langues orientales : le Collège des quatre langues. En 1701, sur décision de Louis XIV et conformément à ses volontés de développer le commerce à Marseille, l’école devient Observatoire Royal.    

 

L’observatoire est marqué par de grands directeurs, Saint-Jacques de Silvabelle, Pezenas, Pons qui par la découverte de 37 comètes, allait donner à l’observatoire un rayonnement européen. En 1863, l’observatoire devenu trop petit fut transféré sur le plateau de Longchamp. Depuis une école s’est installée dans les anciens locaux de l’observatoire tandis que le Préau des Accoules a été aménagé dans la salle de l’Académie des Belles Lettres, Sciences et Arts, réalisée par Joseph-Esprit Brun. Ce musée est entièrement dédié aux enfants et présente des activités culturelles en relation avec les grandes expositions présentées dans les musées de Marseille.

 

A côté, se trouve la rue Fonderie Vieille où se trouvaient dans un premier temps les fonderies royales puis de nombreuses confréries et congrégations. En descendant « la montée des Accoules » on se rend compte du parcellaire étroit d’ancien Régime qui obligeait les propriétaires à construire leurs immeubles tout en hauteur pour compenser le manque de largeur des pièces. A remarquer la très belle ferronnerie des grilles dites « de conversation ».

 

 

La Place de Lenche

La place de Lenche est située sur l’ancienne agora grecque depuis laquelle les citoyens pouvaient surveiller les activités du port. A l’origine la place était fermée des quatre côtés et c’est au sud qu’au Ve siècle Saint-Cassien fonda le couvent des religieuses de Saint-Sauveur faisant ainsi face au monastère de Saint-Victor sur l’autre rive du port. Au VIIIe siècle, ces religieuses se coupèrent le nez pour faire horreur aux Sarrazins et échapper à leur lubricité, elles furent ainsi surnommées « desnarado ». Sous la place se trouvent les caves Saint-Sauveur qui seraient en fait les citernes de la ville grecque du IIIe siècle avant J.C, classées Monument Historique en 1840, elles sont considérées comme un monument antique intact.

 

Le nom de Lenche vient d’une famille corse, Lincio, qui au XVIe siècle, marqua fortement la place en y installant un atelier de corail, des magasins et en se faisant construire un somptueux hôtel particulier. En 1553, Thomas Lenche fonde la Compagnie du Corail pour exploiter le corail sur les côtes d’Algérie, et en 1561 la compagnie fonda le Bastion pour servir de base à ses opérations maritimes et commerciales (établissement qui fut à l’origine de la présence française en Algérie). Devenue l’une des plus riches familles de négociants marseillais, la famille fit par la suite de brillantes alliances qui lui valurent même en 1660 d’accueillir Louis XIV pendant son séjour à Marseille.

 

Sans être au centre des destructions des vieux quartiers pendant la deuxième guerre mondiale, la partie sud de la place a été démolie selon les plans des autorités allemandes durant l’hiver 1943 et des immeubles ont été reconstruits par les architectes du béton. Des échappées visuelles vers le Vieux-Port ont été ménagées et partout des sculptures témoignent de la vocation portuaire du quartier.

 

 

L´Abbaye Saint-Victor

L’évêque d’Aix, Lazare, (que la tradition a longtemps confondu avec Saint-Lazare, disciple de Jésus) retient dans la région un moine venu de Palestine après une longue retraite en Egypte auprès des Pères du Désert. Proculus, évêque de Marseille (380-430) accueille favorablement Jean Cassien. Anachorète, Cassien est certainement l’initiateur de la vie monastique à Marseille ; cependant, il est peu certain qu’il soit le fondateur d’une abbaye, les témoignages archéologiques de Saint-Victor remontant seulement à la fin du Ve siècle. Un culte s’organise à l’emplacement de l’actuelle abbaye, autour d’une tombe que l’on vénère et dont la tradition, une fois encore, prétend qu’elle abrite les reliques du martyr éponyme marseillais du IVe siècle.

 

Les cryptes conservent en réalité des témoignages archéologiques très précieux qui attestent de la présence d’une carrière exploitée à l’époque grecque, puis d’une nécropole hellénistique (IIe siècle avant Jésus Christ) dont la vocation persistera à l’époque chrétienne. On en perd la trace entre le VIIe siècle et la fin du Xe siècle. En effet, Saint-Victor connaît comme toute l’Europe Occidentale des périodes obscures, invasions normandes et sarrazines.

 

En 977, la vie monastique renaît sous l’impulsion de l’évêque Honorat et du premier abbé bénédictin Wilfred qui soumet l’abbaye à la règle de Saint-Benoît. En 1020, un moine catalan, Isarn, devient maître des novices et entreprend les grands travaux ; on lui doit la construction de la première église haute à laquelle appartiendrait la tour (dite d’Isarn) par laquelle on accède aujourd’hui dans l’église. L’autel majeur sera consacré en 1040. De la fin du XIIe siècle jusqu’au XIIIe siècle, l’abbaye est entièrement reconstruite selon les règles des bâtisseurs romans. C’est à Guillaume de Grimoard, alors abbé de Saint-Victor (qui deviendra pape en Avignon sous le nom d’Urbain V) que l’on doit la fortification du monastère ; l’ensemble sera inclus dans le système de défense du port par son successeur Grégoire XI. Dès le XIe siècle et jusqu’au XVIIIe siècle, Saint-Victor jouit d’une totale hégémonie sur toute la chrétienté du bassin méditerranéen, de la Catalogne à l’Italie. Progressivement la ferveur monastique décroît et amène la sécularisation de l’abbaye en 1739 par ordre papal. La Révolution va transformer l’église en dépôt à fourrage, prison et caserne, ce qui évitera sa démolition ; elle sera rendue au culte sous le premier Empire et restaurée au XIXe siècle. L’église sera élevée au rang de basilique mineure en 1934 par le Pape Pie XI.

 

Chaque année au moment de la Chandeleur un pèlerinage important a lieu à Saint-Victor. Le 2 février au matin, une procession part du Vieux-Port vers Saint-Victor en empruntant la rue Sainte. La Vierge noire conservée dans les cryptes est revêtue de son manteau vert et est présentée à la foule massée sur le parvis ; l’archevêque la bénit, célèbre la messe et se rend ensuite au four des Navettes.

 

 

L´Hôtel de Ville

L’emplacement où se trouve l’actuel Hôtel de Ville est occupé dès le XIIIe siècle par la Maison de Ville qui réunissait les marchands et les consuls de la ville. Au XVe siècle est édifié le Palais Communal où se réunit la nouvelle Loge au rez-de-chaussée et les consuls au premier étage. Mais ce n’est qu’au XVIIe siècle que l’Hôtel de Ville sera construit. Il symbolise le nouveau statut politique de la ville ordonné par Louis XIV qui désormais impose la gestion de la ville par des échevins et change le régime portuaire.   Attribué à Mathieu Portal et Gaspard Puget, ce très beau bâtiment baroque doit aussi beaucoup à Pierre Puget (en collaboration avec son frère Gaspard), architecte marseillais.

 

La particularité de cet édifice était de séparer volontairement les marchands qui siégeaient au rez-de-chaussée, des échevins au premier étage. Par conséquent l’accès au premier étage se faisait à partir d’un bâtiment situé à l’arrière, par une passerelle de bois. L’Hôtel de Ville fut agrandi à la fin du XVIIIe siècle grâce à l’achat de maisons particulières formant ainsi l’arrière-corps et une arcade, dont la voûte est un pur chef-d’oeuvre de stéréotomie, fut jetée entre les deux corps de bâtiments. Comme l’arcade, le très bel escalier de l’arrière-corps est l’oeuvre de Joseph-Esprit Brun. Classé Monument Historique en 1948, le pavillon Puget n’abrite plus, aujourd’hui, que les bureaux du Maire.

 

L’aménagement souterrain de la place contiguë par l’architecte Franck Hammoutène a permis la création de l’Espace Villeneuve-Bargemon, récompensé par l’Equerre d’Argent 2006, prix national d’architecture. Ce nouveau lieu accueille la nouvelle salle du Conseil municipal, des salles de travail et de réunion, ainsi qu’un vaste espace muséal.

 

 

La Vieille Charité 

En 1640 le Conseil de Ville décide, selon la politique royale de « grand renfermement des pauvres » de « renfermer dans un lieu propre et choisi les pauvres natifs de Marseille ». En 1670, une association caritative au sein du Conseil des Echevins confie à Pierre Puget, architecte du roi et enfant du quartier, la réalisation d’un Hôpital Général pour accueillir les mendiants et les pauvres. Le projet piétine et c’est seulement en 1671 qu’est posée la première pierre de ce qui sera une des plus belles réalisations architecturales de Pierre Puget, mais l’ensemble ne sera terminé qu’en 1749.

 

Il se compose de quatre ailes de bâtiments fermés sur l’extérieur et ouvertes par une galerie à 3 niveaux sur une cour rectangulaire intérieure. Les 3 niveaux rythment également la vie à l’intérieur de l’édifice en desservant de vastes espaces collectifs de travail et de vie, séparant les femmes des hommes. Au centre de la cour, la chapelle construite entre 1679 et 1707 est l’oeuvre d’architecture la plus remarquable que Pierre Puget ait pu réaliser dans sa ville natale. Cette chapelle à dôme ovoïde est le parfait exemple du pur baroque italien. La façade actuelle, laissée en attente depuis le XVIIIe siècle date de 1863, et reprend le thème de la Charité accueillant les enfants indigents, entourée des deux pélicans nourrissant leurs petits.

 

Après la Révolution et jusqu’à la fin du XIXe siècle, la Charité devint un hospice réservé aux vieillards et aux enfants. En 1905, le bâtiment fut occupé par l’armée et servira plus tard d’abri aux plus démunis. Après la deuxième guerre mondiale, l’architecte Le Corbusier, remarque l’édifice et dénonce son état d’abandon. Voué à la démolition, il sera finalement classé Monument Historique en 1951. A partir de 1968, grâce aux lois Malraux, il sera remarquablement restauré ; depuis 1986, la Vieille Charité est devenue un centre pluridisciplinaire à vocation scientifique et culturelle. En effet, elle abrite le Musée d´Archéologie Méditerranéenne, le Musée des Arts Africains, Océaniens, Amérindiens (M.A.A.O.A), la Cinémathèque Le Miroir, ainsi que des salles d´expositions temporaires. Le Centre International de la Poésie de Marseille (C.I.P.M) y a également ses locaux. Située au coeur du Panier, la Vieille Charité est devenue un lieu de visite incontournable pour les touristes. 

 

 

La Place des Moulins

Le site de la place des Moulins est connu depuis l’Antiquité et forme le point culminant de la vieille ville. Cette partie haute de la ville jouait un rôle défensif et des canons y étaient installés pour faire face aux agressions maritimes et terrestres. Parallèlement, la place a longtemps été occupée par des moulins dont les ailes étaient animées par le vent. En 1596, on comptait une quinzaine de moulins qui donnaient à Marseille une physionomie si particulière. Mais l’utilisation de l’eau comme force motrice allait petit à petit obliger les moulins à vent à cesser toute activité. Au XIXe siècle seuls trois moulins subsistaient dont les bases sont encore visibles de nos jours. Au milieu du XIXe siècle la ville fit raser les bâtiments existants afin de créer une place architecturalement homogène avec ses arbres, ses bancs, son jeu de boules, et plus tard son école lui conférant un caractère villageois. Sous la place, ont été créées en 1851 des citernes qui alimentaient en eau la ville. Depuis 1983, la ville de Marseille, aidée de la Commission Européenne, a entrepris la réhabilitation du Panier.

 

 

La Cité radieuse Le Corbusier

Elle est l’œuvre de l’architecte suisse Charles-Edouard Jeanneret plus connu sous le nom de Le Corbusier. Édifiée entre 1947 et 1951, c’est une construction imposante de 165 mètres de long par 24 de large et 56 de haut, dont l’implantation évoque le thème du paquebot urbain ancré dans un parc.

 

Le béton brut, les pilotis et les pignons aveugles combinent des figures puissantes avec d’autres plus sophistiquées, comme la trame subtile des loggias polychromes, ou les superstructures du toit terrasse. Cette richesse plastique, typique du grand architecte, associe ses effets visuels à une organisation exceptionnelle pour l’époque. Laboratoire pour un nouveau “système d’habitat”, la Cité Radieuse comporte 337 appartements, de 23 types différents, qui constituent autant de logements confortables, de 1 à 10 personnes. L’appartement " type " est conçu pour 4 personnes. Il s’agit d’un duplex de type “traversant”, avec un grand volume dans la salle de séjour, loggia et baie vitrée sur toute la hauteur. À cette organisation spatiale nouvelle s’ajoutent les nombreux “prolongements du logis”, conçus pour stimuler une nouvelle pratique de l’habitat collectif dont : une rue intérieure avec ses boutiques et son hôtel pour les parents et les visiteurs des résidents. Le dernier niveau accueille une école maternelle et un gymnase. Enfin, le toit terrasse offre un espace de détente avec bassin pour les enfants, aires de jeux et scène abritée par un mur brise-vent pour spectacles en plein air.

 

Indifférents aux railleries contre la “Maison du Fada”, ses habitants plébiscitent la Cité Radieuse ; plusieurs appartements sont encore habités par des résidents de 1952, et beaucoup ont attiré une clientèle aisée d’enseignants ou d’architectes. Elle a même fait école, puisque Le Corbusier a édifié d’autres cités radieuses dans les années cinquante sur le modèle de Marseille (Rezé-Nantes, Firminy, Berlin

 

 

Le Stade Vélodrome

Premier stade français construit en béton, le Stade Vélodrome a été réalisé pour la coupe du Monde de Football de 1938. 

 

La première pierre en fut posée courant 1935 et l’inauguration officielle eut lieu à l’occasion du match « OM-Torino » en 1937. Le Stade Vélodrome accueillait à l’origine d’autres manifestations sportives, notamment dix arrivées du Tour de France cycliste et les championnats du monde de vélo sur piste (d’ou son nom), mais aussi des compétitions d’athlétisme, de gymnastique, de boxe et de rugby. En prévision du championnat d’Europe de Football en 1984, le stade subit des modifications, la piste du Vélodrome disparaissant peu à peu. Elle couvre encore à cette époque une partie des virages Sud et Nord. Par la suite, elle est totalement détruite pour l’aménagement de gradins.

 

En juillet 1992, le comité exécutif de la FIFA (Fédération Internationale de Football Association) confie à la France l’organisation de la XVIe Coupe du Monde de Football. Une partie des matches devant avoir lieu à Marseille, il est décidé d’agrandir le stade. Un concours d’architecte est lancé en mai 1994 au terme duquel le projet de l’architecte Jean-Pierre Buffi est retenu. Le 4 septembre 1997, le Stade Vélodrome reçoit le « Monde du Football » avec le tirage au sort de la phase finale de la Coupe du Monde. Un événement sportif unique car pour la première fois dans l’histoire de la coupe du Monde, le tirage au sort a lieu dans un stade de Football à l’issue d’un match de prestige opposant une équipe européenne à une sélection  de joueurs « du reste du monde ». Cette rencontre historique a réuni 32 joueurs représentant chaque pays qualifié pour le Mondial 98. Le 25 février 1998, le stade est totalement terminé avec l’ouverture de la tribune Nord (Allées Ray Grassi). Ce jour-là, un match amical (France-Norvège) est organisé avant de recevoir les sept rencontres du Mondial, dont les demi-finales. 

 

Aujourd’hui, avec une capacité de 60 000 places assises, le Vélodrome est le second stade français après le Stade de France.

 

 

L´Estaque et les peintres

A l’extrême Nord de Marseille, blotti au pied de la chaîne de la Nerthe qui le protège du mistral, le petit port de l’Estaque (attache, en provençal), reste l’un des quartiers les plus pittoresques de la ville. Son développement au cours des siècles est étroitement lié à la fabrication de tuiles artisanales. Au début du XXe siècle on s’y rendait volontiers pour déguster oursins, panisses et sardines dans les hôtels et restaurants i

Pier Ollivier Créations

Pier Ollivier, peintre depuis plus de 30 ans, s’installe en Provence il y a une vingtaine d’années.
La rencontre avec cette région lui permet de continuer à assouvir sa passion en s’inspirant des couleurs de Provence.

Pier Ollivier puise son inspiration au cœur de la Provence, passionné d’architecture et de décoration, il mêle ainsi les ambiances du sud au grès de ses sensations.

découvrir le concept Pier Ollivier Créations

Commercialiser nos oeuvres

Vous êtes un professionnel de la décoration d´intérieur, décorateur ou architecte ?
Vous disposez d´un point de vente?


Si vous souhaitez commercialiser les toiles de Pier Ollivier Créations®, découvrez nos offres

Livraison offerte

FRAIS DE PORT OFFERTS

Paiement en ligne sécurisé

Le paiement par carte bancaire est entièrement sécurisé.
Notre site utilise les serveurs bancaires sécurisés de PAYPAL qui assure la protection et la confidentialité des transactions commerciales et informations échangée lors d’un paiement par carte bancaire.

en savoir plus

Questions / Réponses

Qui est Pier Ollivier ? Quel est l´origine du concept ?
Toutes les réponses à vos questions sur Pier Ollivier Créations  et notre boutique en ligne.

en savoir plus