Saint Paul de Vence

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Textes issus du site https://saintpauldevence.org

Quelques lignes ne peuvent suffire pour conter l’histoire si riche de Saint-Paul. Le sujet est d’ailleurs admirablement traité sur le site de l’office du tourisme. Alors, pour faire court, disons simplement que Saint-Paul est une « ville royale » qui a résisté aux invasions de l’histoire, qu’elle est devenue une place forte grâce à François 1er qui fit édifier ses remparts entre 1538 et 1547 sous la conduite de l’ingénieur militaire François de Mandon de Saint Rémy. Aujourd’hui, Saint-Paul a heureusement conservé sa silhouette défensive de village perché et la vie de ses habitants n’est plus perturbée par des envahisseurs mais sympathiquement rythmée par le flux incessant de visiteurs venus de tous les horizons découvrir ses trésors. Car le tourisme est sans conteste la première ressource de la commune. Mais elle n’est pas la seule…

Garantir les populations contre les envahisseurs venus de la mer : telle était la préoccupation majeure des seigneurs du Moyen-âge qui choisissaient pour s’installer des sites de hauteur et qui les ceinturaient de fortifications. Des manuscrits de VIIe siècle indiquent que le territoire de Saint-Paul était déjà occupé à cette époque. Plus précis sont les documents indiquant  qu’aux XIIe et XIIIe siècles, des murailles en pierres ont été construites entre le bas du cimetière actuel et la chapelle sainte Claire. Il en existe encore quelques vestiges, consolidés et protégés, sur le chemin de Nice. Les remparts qui font de Saint-Paul aujourd’hui la seule fortification de France intégralement conservée dans sa conception d’origine ont été édifiés au XVIe siècle, vraisemblablement entre 1546 et 1556. Première pierre en avait été posée le 31 mai 1538 par François 1er en personne en compagnie de ses deux fils, le dauphin Henri (futur Henri II) et Charles d’Orléans. Ce système bastionné a perdu de son intérêt lorsque le comté de Nice est devenu français en 1860. Les menaces d’invasion en Provence ne sont plus à craindre et l’on envisage la démolition des remparts que les Domaines devaient mettre aux enchères… C’était sans compter sur la lucidité du maire de l’époque Henri Layet qui, dès 1872 entreprend avec son conseil municipal d’acquérir les remparts et les tours. Le décret de ce « sauvetage » fut signé par Adolphe Thiers en mars 1873. Le classement de ces remparts par les Monuments Historiques est intervenu le 20 février 1945.

L’église paroissiale, édifiée au XIIIe siècle, est devenue « collégiale de la conversion de Saint-Paul » en 1666. Ce qui veut dire que, sans être « cathédrale », cette église possède un chapitre de chanoines. Son aspect a profondément évolué au cours des âges : le chœur est la partie la plus ancienne, datant du XIIIe siècle. A découvrir lors d’une visite proposée par l’office de tourisme : sa nef unique, ses 4 chapelles qui abritent des œuvres remarquables et son trésor qui comprend de précieuses pièces d’orfèvrerie, des reliquaires et un parchemin datant de 1588, signé par Henri III, roi de France.

Sainte Claire d’Assise (18 juillet 1193 – 11 août 1253) rappelons-le fut la fondatrice des religieuses dites « Clarisses » de l’ordre de Saint François d’Assise, dont elle fut la disciple ; cet ordre préconisait la pauvreté comme règle de la vie religieuse pour laquelle elle ne cessa de lutter.

Clairvoyante, contemplative, elle eut la vision, présagée rapporte-t-on, d’une attaque des Sarrasins contre Assise, qui échoua grâce à ses prières.

Thaumaturge, elle eut le don de guérir les affections de la vue. Son culte, en plein développement, se répandit à la fin du Moyen Age, en Italie et en Provence.

Il fut introduit, par des Clarisses, au cours du XV° siècle à Saint Paul comme en témoigne l’existence d’une chapelle qui lui est dédiée, laquelle se dresse au carrefour de l’entrée du village, dans une élégante architecture de belles pierres de taille, ayant connu depuis son origine des innovations valorisantes (notamment en 1630).

L’entrée fermée par une grille en fer forgée datée de 1816, a remplacé l’ancienne ouverture que souligne un arc en plein centre aujourd’hui incorporé dans la façade ; elle est encadrée d’un chambranle comportant des bas-reliefs sculptés représentant des corbeilles de fruits.

Le dessus du mur de façade est creusé d’une niche contenant une statue de la sainte et surélevé d’un fronton triangulaire à jans dont le milieu est rehaussé d’un clocher, tandis qu’à sa base chaque pan est orné d’un clocheton, ceux-ci étant en brique rouge.

A quelques pas de là, le profane côtoie le sacré avec l’exposition d’un nu artistique, œuvre du sculpteur Tobiasse.

A proximité de la chapelle que vinrent visiter autrefois les évêques de Vence, se trouvaient naguère, portant son nom, un puits public et un moulin à huile utilisant les eaux captées aux sources du Malvan, conduites par une « béalière » lesquelles d’ailleurs poursuivaient leur course pour alimenter le village.

L’adoption du culte de Sainte Claire concorde avec la promotion de Saint Paul les Vence, devenue au XV° siècle chef lieu d’une circonscription de Bailie et ville royale : le souverain angevin du Comté de Provence (co-seigneur de Saint Paul) étant alors souverain du Royaume de Naples, d’où une opportunité de liens entre Provençaux et Napolitains.

Constatons que les Clarisses étaient établies en l’église Santa Chiara de Naples où était inhumé le Roi Robert et où avait été exposée la dépouille de la Reine Jeanne ; qu’elles détenaient également un couvent en Avignon au XIV° siècle, époque où les Papes y avaient leur siège. C’est dire l’importance et le rayonnement de leur communauté.

Au cours des siècles, la dévotion à Sainte Claire, dans notre terroir, se développa au point que bien avant 1789 un romerage lui était consacré et qu’elle remplacera Saint Georges dans son rôle de Saint patron de la ville.

Car depuis le XV° siècle, en tant que symbole du preux chevalier combattant le dragon, Saint Georges fut choisi pour remplir la fonction de protecteur de la place forte qu’il assuma jusqu’à la démilitarisation des fortifications.

Bien que sa chapelle fut démolie lors de l’édification de l’enceinte bastionnée au XV° siècle, son autel fut transféré à la Chapelle Saint Michel devenue ainsi le lieu de culte des deux saints.

Dès lors, en s’affirmant au XIV° siècle, sainte patronne du village, la Sainte Claire occupera un rôle cultuel, voire culturel d’importance dans la vie religieuse et sociétale de notre cité.

Aussi, chaque année, le 11 août, Sainte Claire est fêtée. A la nuit tombée, un cortège processionnel ayant à sa tête le curé et la croix, prend son départ de l’église et se dirige vers la chapelle, portant les reliques de la sainte contenues dans un ostensoir (morceau de voile) et son buste, éclairé par des flambeaux, accompagné de cantiques.

Accueillie, au son de la cloche, la procession prend place dans la petite chapelle où les fidèles vénèrent les reliques et assistent à un office. Au regard de ceux-ci s’offre la contemplation au dessus de l’autel d’un tableau symbolique, représentant Claire, à la veille de sa mort, sur son lit, recevant la visite du Pape Innocent IV (le 9 août 1253) venu approuver les préceptes de pauvreté qu’elle avait institués. Ce même pape la canonisera par la bulle Clara Claris (le 15 Août 1255) fixant sa fête au jour de sa mort.

A l’issue de la liturgie, devant la chapelle, un feu de joie est allumé, béni par le prêtre –comparable à celui de la Saint-Jean (le Baptiste) consacré le 24 juin- qui provoque une ambiance festive qu’égaye et anime une farandole avec fifres et tambourins.

Car cette fête ne manque pas de revêtir un caractère joyeux et populaire ; les autorités municipales et la population y contribuent activement. S’en suivront un bal, un apéritif d’honneur s’ouvrant sur un discours du Maire, des concours de boules, passion des Saint-paulois, un feu d’artifice avec embrasement des remparts ayant acquis ses lettres de noblesse, sans oublier une grand-messe dominicale.

L’hagiographie de Sainte Claire évoquée dans un contexte historique nous incline à considérer que notre terroir a toujours été au cours des siècles sanctuarisé, patronné pour être protégé.

Son espace sacré fut particulièrement étendu en raison de nombreux cultes de saints successifs ou constants, générateurs de chapelles urbaines et rurales que motivait la grande piété des Saint-paulois.

Depuis le haut Moyen Age, notre terroir, qui fut déserté, abandonné en raison de l’insécurité persistante de notre région et dont le nom fut perdu, a accueilli un sanctuaire dédié à l’archange Saint Michel, patron des combattants pour la cause du Christ, près duquel s’était fixé un premier habitat

Puis au début du XII° siècle, des descendants des sires vassaux du Comte d’Arles Guillaume qui avaient bouté les Sarrasins hors de Provence, fondèrent sur la hauteur de l’éperon dominant Saint Michel, un « castrum » autrement dit une agglomération fortifiée regroupant des habitants dispersés, comme l’avait fait avant eux leur parenté à Cagnes, à Vence…

Ils le baptisèrent Saint-Paul, du nom de l’apôtre, s’agissant d’une terre reconquise par des Chrétiens, concédée par Guillaume. Sans doute, fut-il conçu d’y édifier une église consacrée à ce saint. C’est ce qui se produira au début du XIV° siècle ; elle sera édifiée tout près du château, ayant pour saint patron titulaire Saint Paul, sous le vocable de la conversion.

Cette église qui devint paroissiale au lieu et place de Saint Michel s’agrandira et ne cessera d’être embellie jusqu’à nos jours.

Ainsi les Saint-paulois associent toujours dans leurs dévotions Saint Paul et Sainte Claire, sans omettre bien d’autres saints, tel Saint Roch qui sera commémoré le 15 août, dans la tradition en récompensant les fidèles d’une petite agape de pans-bagnats.

Evoquer le passé pour mieux comprendre l’étonnante configuration d’un lieu visité chaque année par deux millions de touristes : l’idée de Monsieur Marius Issert, maire de Saint-Paul de 1945 à 1995, de créer dans un bâtiment jouxtant le donjon, un musée relatant l’histoire de Saint-Paul a été approuvée par le Conseil Municipal et encouragée par de nombreux Saint-Paulois.

Au travers d’une vingtaine de personnages de cire confectionné par l’illustre musée Grévin, la vérité historique est scrupuleusement respectée. Les scènes évoquent les grands moments de l’histoire de notre ville royale comme par exemple :

– En 1227, Raymond Bérenger V récompense Saint-Paul en lui confirmant ses droits de ville libre, ses immunités et ses franchises.

– En 1434, la Reine Jeanne 1ère de Naples, comtesse de Provence attribue à Saint-Paul l’usage bénéfique des eaux du Malvan (sur la commune de Vence) qui alimentent encore Saint-Paul aujourd’hui.

– En 1538, la visite de François 1er à Saint-Paul accompagné de ses deux fils et qui, au vu de son intérêt stratégique, choisit d’y édifier des fortifications modernes de type bastionné capables de s’opposer à la puissante citadelle de Nice.

– En 1666, l’évêque de Vence Mgr Godeau érige l’église paroissiale de Saint-Paul en collégiale.

– En 1693, Vauban vient inspecter les remparts et dresse des plans de renforcement.

– En 1875, le Maire de Saint-Paul sauve les remparts menacés de démolition et sur le point d’être vendus aux enchères publiques en les rachetant 400 francs de l’époque…

Pier Ollivier Créations

Pier Ollivier, peintre depuis plus de 30 ans, s’installe en Provence il y a une vingtaine d’années.
La rencontre avec cette région lui permet de continuer à assouvir sa passion en s’inspirant des couleurs de Provence.

Pier Ollivier puise son inspiration au cœur de la Provence, passionné d’architecture et de décoration, il mêle ainsi les ambiances du sud au grès de ses sensations.

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