Valensole

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Textes issus du site http://www.valensole.fr/

Le Plateau de Valensole

Valensole et son plateau, de près de 12.700 hectares est l’une des plus vastes communes de France. Surnommé "grenier de la région", son plateau de 800 km2 est essentiellement consacré à la culture de la lavande et des céréales. Il revêt différents aspects selon les saisons : les cimes enneigées des alpes et les amandiers en fleurs en mars laissent place en juillet aux multiples bleus des lavandes ondulant en alternance avec l’or des blés. En novembre, l’ocre des terres labourées tranche sur la pureté du ciel bleu d’hiver.
Il possède un relief plan et son mélange de poudingue, argiles et marnes qui forme le « complexe de Valensole » est cher aux géologues. Cette formation hétérogène joue un rôle important pour la végétation, permettant l’alternance de zones arides et humides. Enfin, le développement de son agriculture est particulier puisque c’est le seul espace ouvert et vaste du Verdon.

On peut ainsi distinguer sur le plateau de Valensole : 
• Les prairies ou pelouses, constituées de plantes herbacées annuelles, berceau douillet des Ophrys, petites orchidées du pourtour méditerranéen. 
• La garrigue formée de petits buissons bas de plantes aromatiques.
• Le maquis, domaine d´espèces arbustives ou buissonnantes, en général piquantes. 
• Les bois et forêts, dominés par le chêne vert (le chêne truffier des gourmets !) et le pin d´Alep.

Un peu d´histoire

Au XIXème siècle, de nombreuses familles cultivaient déjà les amandiers sur le Plateau de Valensole. Il faut savoir qu’un arbre pouvait produire jusqu’à 35 kilos!
Le plateau de Valensole était entièrement planté en amandiers et on pouvait d’ailleurs retrouver plusieurs variétés dans un même champ. L’exploitation des amandes était assez difficile car le ramassage se faisait à la main jusque dans les années 50 où de nouvelles techniques firent leur apparition lors de la Journée Nationale de l’Amande en 1955. Les hommes gaulaient ainsi les arbres et les femmes ramassaient les amandes tombées qu’elles disposaient dans des sacs. Le soir, les hommes faisaient le tour des arbres avec une remorque pour ramasser les sacs d’amandes que les femmes avaient remplis dans la journée. Les amandes n’étaient pas les seules exploitations sur le Plateau de Valensole. Il y avait aussi le blé et aujourd’hui, nombreux le cultivent. Nous vous invitons à consulter la rubrique Histoire & Patrimoine pour en savoir plus sur le passé Valensolais. Imaginez un instant que surgissent les collines de miel, d’olives et d’amandes avec sur le plateau, en bordure tels des guetteurs, les amandiers noirs, les étendues de lavande, lavandin, et cette mer intérieure de blé dur. C’est ça, le plateau de Valensole ! 

La  lavande

Le plateau de Valensole est aujourd’hui l’un des lieux les plus importants en ce qui concerne la culture de la lavande. Les romains parfumaient leurs bains et leurs vêtements de lavande et mettaient d´ailleurs des sachets de lavande dans leurs armoires en faisant des voeux d´amour. Implantée en France par les phocéens, elle a trouvé sa terre de prédilection en Provence grâce au climat favorisant sa productivité. La culture s´est aujourd´hui bien développée et on a vu apparaitre dans les années 20 le lavandin dont le rendement est plus élevé et sa production d´essence jusque dix fois supérieure à celle de la lavande traditionnelle.

Et avant d’oublier, notons les 300 jours de soleil par an … c’est tentant vous ne trouvez pas ?

L´histoire plus en détails...

Le bourg de Valensole, bâti en amphithéâtre, accroché comme un nid d’hirondelles sur le flanc d’une colline qui l’abrite du Mistral, au-dessus du vallon et ruisseau de Notre-Dame, daterait du 8ème - 9ème siècle (?) après Jésus-Christ. Troublée par les invasions Burgondes et Sarrasines, la population se réfugie alors autour du château fort du Seigneur Fulque. A l’époque Gallo-Romaine, 100 à 500 ans après Jésus-Christ, de nombreux colons s’étaient établis dans les vallons du plateau, aux Conches, à Arlane (comme l’attestent les fouilles effectuées au 18ème et 19ème siècles), au Riou et aux Marges.

Les premières invasions barbares, 5ème et 6ème siècles (Goths, Lombards, Saxons) détruisirent ces villae. Le plus illustre enfant du pays Saint Mayeul (910–994), 4ème Abbé de Cluny en Bourgogne, lui-même issu de la famille Fouque, donna à Cluny vers 934 ce qui lui restait de sa maison familiale avec la chapelle Sainte-Maxime. Ce don, parmi d’autres, rendit les abbés de Cluny seigneurs spirituels et temporels de Valensole jusqu’à la révolution (1791). Un prieuré de Bénédictins et une première église Saint-Denis redevenue par la suite chapelle, remplacèrent la maison de Saint Mayeul et la chapelle Sainte-Maxime au 11ème – 12ème siècles. Vint s’ajouter fin 13ème, début 14ème siècle, un vaste chœur voûté de croisées d’ogives au-dessus duquel s’élève un grand clocher carré percé de quatre baies qui reçut quatre nouvelles cloches en 1322.

En 1346, on commença la construction d’une grande église (Saint-Blaise) avec une grande nef et deux nefs latérales. Un clocher avec horloge fut ajouté au 16ème siècle, surmonté d’un campanile en fer forgé par un artisan du pays (1712). Deux chapelles latérales ajoutées au 17ème siècle, Saint-Rosaire et Saint-Joseph donnèrent à l’église sa forme de croix latine. Une entrée par la cour du Doyenné, pratiquée au 17ème siècle, permit aux moines d’accéder à l’église sans être vus par le public. En 1854, d’importants travaux de restauration et d’embellissement, rehaussement du plafond, création d’ogives gothiques, installation de vitraux en couleur, donnent à l’église son aspect intérieur actuel. A voir : les chapiteaux ornés de sculptures (14ème siècle), les fonts baptismaux, les stalles, le lutrin, le jubé du 16ème siècle, la chaire à prêcher en noyer du 18ème siècle richement sculptée achetée à un couvent d’Aix fermé à la Révolution.
La masse importante de l’église Saint-Blaise atteste de la puissance de Cluny, la protection que l’abbaye offrait à ce bourg important, dont la population atteignit 3000 à 4000 habitants au 17ème-18ème siècle.

Trois quarts de la population, ménagers, métayers, paysans et journaliers, cultivaient la terre, récoltant blé, seigle, avoine, épeautre, olives et noix pour l’huile. De nombreux petits vignobles suffisaient aux besoins de la population en vin si l’année était bonne ; un petit vin aigrelet, mais désaltérant. De nombreux troupeaux de moutons et de chèvres fournissaient laine, viande et fromage. Pour labourer les champs, on se servait de bœufs, de mulets, d’ânes, plus tard de chevaux ainsi que pour le transport.  De nombreux artisans, fabricants et négociants y travaillaient. Tisserands, cardeurs, fabricants de draps, de bas, de corde ; tanneurs, cordonniers, savetiers, chapeliers, menuisiers, forgerons, perruquiers animaient les rues tortueuses et bruyantes. Protégé par Cluny, Valensole a vécu plutôt à l’écart de la guerre et des invasions après les 14ème-15ème siècles. Par contre, la présence de régiments de soldats l’hiver était habituelle, Valensole étant un pays de prédilection pour les quartiers d’hiver (jusqu’à 2000 soldats logeaient chez l’habitant et en bivouac en 1710!!). Pourtant, Valensole fut touché par les guerres de Religion au 16ème siècle. Sous le contrôle des Guise, dont l’abbé de Cluny était membre, Valensole était du côté de la Ligue et fut fréquemment attaqué et assiégé par les troupes de Vins et de la Valette. La population protestante comme ses prédécesseurs les Juifs, aux 14ème et 15ème siècles était harcelée, dispersée, massacrée ou forcée d’embrasser le catholicisme. La rue de la Brêche nous rappelle cette époque turbulente.

Pour avoir une idée de la vie quotidienne derrière les remparts et tours de la ville fortifiée, dans ces rues étroites qui descendent en colimaçon à partir de l’église, suivre au départ de la rue Emile Dol le chemin de ronde porte et place Saint-Mayeul (avec sa chapelle de 1682-1734 dédiée à ce Saint), la rue de la Brèche, la rue des Remparts, la porte Sainte-Catherine, la rue Carraire jusqu’à la porte Valette, et redescendre par la rue Saint-Mayeul (vestiges de murs, escaliers montant à l’église). 
A la fin du 16ème siècle, trop à l’étroit à l’intérieur de ses murs, on en sort pour créer le bourg. Trois grandes artères en témoignent. La Grand’Rue, la rue Sainte-Anne, la rue de l’Hôtel de Ville (ancien Hôtel de Ville) et la rue Jules Ferry (ancienne rue des Religieuses qui rappelle l’existence d’un couvent d’Ursulines en 1642). A voir les maisons des notables (aussi sur la place du Marché devant l’église), des nobles, des bourgeois, des avocats, des riches marchands et négociants avec leurs portes en noyer sculptées, de styles Louis XII à Louis XVI, aux heurtoirs en bronze. Au 18ème-19ème siècle, le bourg va s’agrandir vers la Promenade des Marronniers (avenue Segond), lieu de détente et de jeux, et aussi vers le cours Reynaud.

Tandis que le plateau, à l’exception de quelques vallons, est généralement sec (jusqu’à l’adduction récente de l’eau du Verdon), à Valensole, bâti sur un réseau de sources, l’eau abonde comme l’attestent les deux fontaines rondes avec leurs lavoirs, refaites en 1681, la fontaine Sainte Catherine (18ème-19ème), la fontaine Segond (1821, don d’un riche négociant). Le puits du Doyenné dans la cour de l’église fut creusé en 1406, il évitait aux habitants la descente aux fontaines au bas de ville et garantissait leur survie en temps de siège. 
Dans la rue de la Juiverie, on voit encore la porte ogivale du ghetto Juif, dans la rue Curet, l’ancien hôpital Saint-Jacques (1630) avec sa porte ogivale du 16ème-17ème et son monumental escalier intérieur de gypse. Ici on soignait les infirmes, les vieux, les femmes enceintes et les enfants abandonnés. Ici aussi, les pèlerins en route pour Saint-Jacques de Compostelle trouvaient un gîte. La commune de Valensole est vaste, presque 13000 hectares, deuxième de France après Arles. Il ne faut pas oublier que, depuis toujours, un quart de la population de la commune vit dans les hameaux ; Saint-Grégoire, Les Chabrands, Villedieu (chapelle Sainte-Madeleine du 11ème siècle), le Bars (église Sainte-Madeleine reconstruite au 19ème siècle), le Val d’Asse, le Riou avec son ruisseau et son allée de peupliers, lieu de détente où se célèbre encore la fête de la Trinité qui marque la délivrance de Valensole de la peste de 1630-1631. A voir la chapelle de la Trinité (1632-1633). C’est aussi le lieu favori des Valensolais pour les barbecues, pique- niques et bals, à la belle saison.

Sur un fond d’azur, avec un soleil or occupant le cœur du chef et rayonnant sur les cantons à dextre et à senestre : l’initiale or V détachant sous le soleil.

Pour palier à l’abus des armoiries arborées par tout un quidam, les bourgeois, les corps d’état et les corporations, et surtout parce qu’à court d’argent, Louis XIV par un édit de 1696 déclara que les armoiries ne vaudraient qu’enregistrées, l´enregistrement facultatif était obligatoire pour les communautés et comportait un droit. 
Comme beaucoup de communes n’avaient pas d’armoiries, d’Hozier, garde de l’armorial général de France en fabriqua souvent en forme de rébus. C’est le rébus fait sur le mot Valensole, val ensoleillé, qui est à la base des armoiries enregistrées dans l’armorial général de France en 1699. C’est aussi peut être l’origine de la dispute sur l’étymologie de Valensole, « vallis sollis » ou « vallée du soleil » d’après son exposition ou plutôt, les anciens documents le corroborent, terroir, en latin « ager Varencensis » . D’après certains, une tribu des Albici, les Variacens, aurait donné son nom au pays. D’où « Variacense solum » puis « Varansoro », prononciation paysanne du 18ème siècle, enfin Valensole. Explication fantaisiste ? Pourtant l’existence de cette prétendue tribu n’a jamais été prouvée. L’étymologie de Valensole est entourée de mystère, « Petite Valence » ou lieu où deux cours d’eau se rencontrent ? Les opinions sont toujours partagées...

 

Pier Ollivier Créations

Pier Ollivier, peintre depuis plus de 30 ans, s’installe en Provence il y a une vingtaine d’années.
La rencontre avec cette région lui permet de continuer à assouvir sa passion en s’inspirant des couleurs de Provence.

Pier Ollivier puise son inspiration au cœur de la Provence, passionné d’architecture et de décoration, il mêle ainsi les ambiances du sud au grès de ses sensations.

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